L'ÉCOLB DE LA PAIX SOCIALE
font, dans leur commun accord, les auteurs, les éditeurs et la Société d'économie sociale.
L'école de la paix sociale, sa revue périodique et son avenir.
L'école de la paix sociale vient de mettre à exécution un projet conçu en 1865, mais qui n'avait pu être réalisé à cette époque. Elle a réuni, en décembre 1880, le capital nécessaire à la publication d'une revue sociale bi- mensuelle; puis elle a livré au public, le 15 janvier 1881 , le premier numéro de cette revue.
Les associés qui ont fourni ce capital ont dû se soumettre aux prescriptions des lois françaises; et, en conséquence, ils ont fondé une société en commandite. Malgré le caractère commercial qu'il a fallu donner à cette troisième société, les fondateurs ne se proposent point le gain pour objet. Ils veulent, dans les détails de leur administration, imiter les exemples que leur offrent les sociétés -sœurs auxquelles ils appartiennent. En fait, ils ont le dessein d'agir comme doit le faire une corporation de bien public; ils vont se concerter avec ces deux dernières pour améliorer l'œuvre commune, en s'attachant à augmenter l'utilité pratique de l'enseignement donné par les maîtres de l'école. Après avoir surmonté les difficultés inhérentes à la fondation de son établissement, la nouvelle corporation se préoccupe surtout d'atteindre ce but, grâce à l'entente amicale des trois sociétés. A cet
effet, les fondateurs de la Revue consultent en ce moment la Société d'économie sociale et les correspondants qui dirigent les Unions locales.
J'ai indiqué ci -dessus comment mes amis et moi avons facilement résolu, en décembre 1880, le problème qu'impliquait l'organisation de notre presse périodique; comment, au contraire, nous avons en vain cherché cette solution dans le passé. Le progrès ainsi constaté pour le temps présent accroît ma confiance en l'avenir*.
Après une longue vie d'efforts désintéressés, tous consacrés au même but, j'ai le bonheur de voir aujourd'hui adoptées par de nombreux adhérents des idées que je n'ai pas inventées, mais qui m'ont été en quelque sorte dictées par l'histoire du passé et par l'observation des peuples contemporains. Ceux mêmes qui sont encore rebelles à ces idées commencent à les discuter. Je ne crois pas me faire illusion en pensant que le plus difficile de l'œuvre commune est fait aujourd'hui. La méthode est constituée; d'immenses matériaux sont recueillis et coordonnés dans la Bibliothèque, l'école de la paix sociale a créé les maîtres de son enseignement et fondé la presse périodique qui doit le transmettre au public. Au temps, aux circonstances, à la force de la vérité et à Dieu de faire le reste !
* Voir dans l'Appendice de 4893, III, 4, les développements continus que la Réfom^e sociale a pris depuis l'année de sa fondation.
SUR l'ouvrage intitulé : Les Ouvriers européens.
La première édition a paru en 1855. L'auteur y décrit, dans les moindres détails, la condition de trente -six familles d'ouvriers. Il insiste sur les rap^ports qui unissent chacune d'elles aux classes supérieures de la société; et il déduit de ces faits les caractères distinctifs des principales constitutions sociales de l'Europe.
L'ouvrage comprend trois parties : une introduction avec un exposé de la méthode d'observation propre à l'auteur; un appendice résumant les principales conclusions; un Atlas comprenant trente -six monographies de familles d'ouvriers.
L'ouvrage , soumis au jugement de l'Académie des sciences de Paris , a été apprécié par une commission composée de MM. Bienaymé, Boussingault, Ch. Dupin, de Gasparin et Mathieu. Le savant rapporteur, M. Gh. Dupin, a bien voulu signaler le plan suivi par l'auteur comme un modèle de méthode; et il a exprimé le
vœu que des observations conçues dans le même esprit fussent étendues à toutes les contrées. Il a proposé, au nom de la commission, d'accorder à Tauteur le prix de statistique fondé par M. de Montyon ; et il a terminé son travail par les réflexions suivantes :
a Les développements dans lesquels nous avons cru « devoir entrer montrent le cas que nous faisons de « l'ouvrage dont nous rendons compte à TAcadémie. « Ce travail est nouveau par son point de vue, par « son ensemble, par son esprit mathématique à a regard des faits constatés; par Tesprit de modéra- « tion avec lequel les idées propres à l'auteur sont « présentées, soit à titre d'explications, soit à titre a de conséquences. »
Le prix de statistique a été décerné à l'auteur, dans la séance publique de l'Académie des sciences du 28 janvier 1856. La 1^^ édition est épuisée depuis 4856.
L'auteur a publié , de 4877 à 4879, sur un plan nouveau et avec de nombreux compléments, une 2® édition in-8o, en 6 tomes ou livraisons. Il ne s'est plus borné, comme dans la i^^ édition , à l'exposé des faits observés de 4829 à 4855, suivi d'un résumé des conclusions les plus importantes ; il a d'abord complété cet exposé en y joignant les observations recueillies de 4855 à 4879; de plus il y a introduit dans son entier la doctrine qui ressort de l'étude raisonnée de tous ces faits.
Le tome P»' forme à lui seul presque un ouvrage à part sous le titre : La Méthoàe d* observation appliquée, de 4829 à 4879, à V étude des famiUes ouvrières, en trois livres ou précis sommaires touchant les origines, la description, l'histoire et les résultats delà Méthode , avec une carte géographique des 57 familles décrites.
Les cinq autres tomes sont consacrés aux 57 monographies ou descriptions méthodiques et comparatives de ces 57 familles; elles y sont coordonnées suivant les trois régions naturelles qu'indique le caractère des faits sociaux qui s'y présentent.
La première de ces régions est l'Orient, qui se prolonge en Asie et en Afrique sur les rivages de la Méditerranée.
Le tome II a pour titre : Les ouvriers de VOrient et leurs essaims de la Méditerranée, populations soumises à la tradition, dont le bien-être se conserve sous trois influences dominantes : le décalogue éternel, la famille patriarcale et les productions spontanées du sol. On y trouve les monographies suivantes :
No» Pages.