‹ La Constitution Prussienne du 30 Novembre 1920Chapitre 66 sur 81 · Ambroise Gor, l'Allemagne à l’œuvre, p. x1 et xur · texte numérisé non relu

Ambroise Gor, l'Allemagne à l’œuvre, p. x1 et xur

Nous ne saurions mieux faire à cet égard, que citer le processus probable analysé en ces termes par M. le Professeur Redslobt :

«Les Prussiens ne pourront oublier de sitôt qu’ils étaient habitués à recevoir leur mot d’ordre du Gouvernement et que, malgré la façade de la responsabilité ministérielle, leur Parlement n’avait, en fait, qu’un rôle consultatif. Le peuple et ses représentants n’ont pas encore pris coutume de diriger la politique ; ils n’ont jamais eu conscience, sous l’ancien régime, de tenir le gouvernail du navire ; il leur manque l'expérience et la tradition du Gouvernement populaire. Ils conserveront encore longtemps la tendance invétérée à laisser faire et à respetcer les décisions de l'Exécutif, comme imprégnées d’une plus haute compétence et d’un lustre plus éclatant. Il n’est donc pas exagéré de dire que les diverses institutions de la Constitution prussienne qui rehaussent la puissance parlementaire seront contrebalancées par la psychologie politique du peuple. IL est même très possible que cette psychologie l'emporte pour un temps.

Plus tard, s’il n'intervient pas de bouleversements imprévus, l’évolution se dessinera vraisemblablement dans les formes suivantes : au fur et à mesure que la Prusse atteindra la maturité démocratique, le Parlement sera capable de tenir tête au Ministère. Mais dans la suite, un autre phénomène se produira. Le peuple, s’éveillant de sa léthargie politique, prenant conscience de lui-même, se dressera en maître. Il interviendra dans les conflits des deux pouvoirs et, faisant usage de son initiative de dissolution, il brisera même leur alliance quant ils s’éloigneront de ses vues. A partir de ce moment, la Chambre

1. Revue du Droit publie, année 1921, numéro avril-mai-juin, p. 193.

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