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PÉRISSENT LES COLONIES

Ce mot a eu une si bizarre destinée, il est encore aujourd'hui si souvent rappelé et si injustement reproché à son auteur, qu'il est utile d’en établir la genèse. Il suffira de rapprocher quelques textes pour montrer comment l'idée est née et a pris forme.

Moreau de Saint-Méry (7 mai 179): « Si vous voulez user de la Déclaration des Droits, eh bien, pour nous, il n'y a plus de colonies ! »

Pétion (7 mai 1791): « Priver les hommes de couleur libres de leurs droits, c’est la subversion des colonies. »

Barnave (11 mai 1791): « Direz-vous: la conservation des colonies nous est moins précieuse que la consécration des principes ? »

Du Pont (13 mai 1791): « Ne craignons pas la séparation des colonies. Si elie devait avoir lieu, si vous vous trouviez dans la nécessité pressante de sacrifier ou la justice ou l’humanité, je vous dirais que votre puissance unique tient à l'équité... que votre intérêt, celui de l'Europe, celui du monde, exigerait que vous n’hésitassiez pas dans le sacrifice d’une colonie plutôt que d’un

principe. »

322 APPENDICÉ

Robespierre (43 mai 1791): « Du moment que dans l’un de vos décrets vous aurez prononcé le mot esclaves, vous aurez prononcé votre déshonneur et le renversement de votre constitution... Eh! périssent les colonies, si vous les conservez à ce prix ! Je déclare que nous ne sacrifierons aux colons ni la nation, ni les colonies, ni l'humanité entière. »

On voit que Robespierre n’a pas dit: « Périssent les colonies plutôt qu'un principe ! » et qu’il n’entendait pas marquer son dédain pour les colonies. La formule qu'on lui attribue en propre a été suggérée par Barnave et employée par Du Pont. La pensée était dans tous les esprits, au cours de cette discussion, où il s'agissait de savoir si les principes de 1789 seraient ou non étendus aux colonies.

Mais les adversaires ont fait une arme du mot de Robespierre. Begouen, après Gouy d’Arsy et Malouet, disait, pour défendre le décret du 24 septembre: « Ilest nécessaire, pour effacer l'impression de ce cri forcené dont deux fois les voûtes de cette salle ont retenti: « Périssent les colonies ! » — C'est ainsi que depuis le mot a toujours été répété, sans les réserves qui l'entou-

raient et sans le souvenir des discussions qui l’avaient préparé.

Acte de navigation, 149-155, 315-

Assemblées coloniales :

De Bourbon,168, 110,225, 264.

De Cayenne, 95, 167.

De Ia Guadeloupe,

De l'Ile de France (Port- Louis), 95,168,225, 264,275.

De Léogane (Assemblée générale), 85, 95, 242, 245, 249, 254,252, 254, 275.

De la Martinique, 62, 84, 95, 171-174, 192, 197, 262, 275.

De Sainte-Lucie, 171.

De Saïint-Marc, 97, 175-179, 186, 187-189, 192, 197, 218,

De Saïnt-Martin, 221, 227.

De Tabago, 166.

- Assemblée provinciale de l'Ouest (Port-au-Prince), 244.

Assemblée provinciale du Nord (Le Cap), 85, 115-181,197, 220, 239, 243, 244, 245, 251, 252.

Autonomie coloniale, 93,171,191-

Blancs, petits-blancs, 16, 17, 19, 56, 78, 82-83, 162, 167, 207, 214, 218, 229, 237, 247, 255, 261, 268.

« ART. ile de CE LA TE NT

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