Séance du 2 avril; Arch. parlem., XII, 519 sq
l'ajournement. Le premier avoua qu'il n'était pas suffisamment éclairé sur les avantages respectifs du commerce libre et du commerce privilégié; mais il déclara que le privilège de la Compagnie ne lui paraissait pas une injustice plus criante que l'esclavage des noirs, reconnu nécessaire, et il demanda qu’on se contentât, jusqu'après une enquête approfondie, d'en corriger les abusf. Cazalèz s’appuya sur la crise monétaire. Le commerce de l’Inde, suivant lui, sert à empêcher la surabondance du numéraire, qui cause le renchérissement des denrées et de la main-d'œuvre ; or il y à actuellement pénurie, et l’abondance ne reviendra qu'avec la confiance, c'est-à-dire après l'achèvement de la Constitution ; il faut donc attendre avant de trancher une question commerciale d'aussi haute importance : le faire à présent, «ce serait jouer à pair ou non ». Malouet? apporta au débat des vues ingénieuses. Il demanda, lui aussi, l’ajournement, mais pour une raison politique qu'on n'avait pas fait valoir : le retrait immédiat des magasins de la Compagnie serait l'abandon denotreallié Tippoo-Saïb, et par suite, du commerce de l'Inde. Il proposa de corriger immédiatement le.privilège en le restreignant. On en retrancherait d’abord la navigation de la Mer Rouge, pour établir une nouvelle voie commerciale libre par l’isthme de Suez, en correspondance avec Bassora
1. À remarquer sa sortie contre Colbert, « qu'on a beaucoup trop loué, dit-il, qui n'a respecté ni la morale, ni la liberté, qui a proscrit aux colonies les trois ordres, par peur des Etats géné-
Taux ».