‹ La contagion: comédie en cinq actes, en proseChapitre 17 sur 96 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

eux, c'est qu'André se montre tel qu'il est, et que M. Lucien est timide.

TENANCIER

Lucien vous a paru timide ?

ALINE

Il m'a semblé qu'il se moquait de son émotion... n'est-ce pas de la timidité ?

TENANCIER

Et où avez-vous appris à apprécier ces nuances-là ?

ALINE

Avec .des personnes qui ont le défaut contraire. J'étais à Poitiers dans une famille excellente, mais douée d'une sensibilité un peu fastueuse pour mon goût. Est-ce vraiment respecter son cœur que d'en faire parade à tout proipos?

L'homme qui vous épousera ne sera pas à plaindre.

ALINE

Moi non plus.

TENANCIER

Vous le connaissez déjà?

ALINE

Sans doute. Toutes les jeunes filles n'ont-elles pas un mari idéal? seulement elles en épousent un autre... tandis que moi, je coifferai plutôt sainte Catherine.

ANNETTE

Et peut-on savoir de quoi se compose votre idéal ?

ALINE

De mon père, de mon frère... et d'un étranger.

TENANCIER

Nous vous aiderons à le trouver.

ALINE

Oh! je ne suis pas pressée.

GERMAIN, eDtrtfDt.

II y a en bas un commissionnaire avec des bagages. Où faut-il les mettre?

Chez moi. — Venez voir votre appartement, ma chère Aline... vous voulez bien que je ne vous appelle plus mademoiselle?

ALINE

A condition que je continuerai à vous appeler madame.

ANNETTE

A cause de mon grand âge, oui. Je sens que je vous aimerai de tout mon cœur.

TENANCIER

Moi, c'est déjà fait.

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