‹ La contagion: comédie en cinq actes, en proseChapitre 18 sur 96 · TENANCIER, ALINE · texte numérisé non relu

TENANCIER, ALINE

ALINE, entrant par la gauche.

Les enfants ne sont pas encore prêts.

TENANCIER, assis à droite.

Eh bien, attendons ces messieurs. En quoi les déguiset-on aujourd'hui?

En Russes. Ils sont charmants avec . leurs petites bottes.

TENANCIER

Aujourd'hui en Russes, hier en Écossais, demain en Espagnols... je pense qu'au carnaval on les habillera en Français. De mon temps on ne faisait pas tant de frais pour les bambins, et ils ne s'en portaient que mieux.

ALINE

Franchement, je ne vois pas quel tort un peu d'élégance peut faire à leur santé.

TENANCIER

Soit; mais je n'aime pas qu'on élève des garçons comme des poupées. Où est ma fille?

ALINE

Elle va venir. Elle est avec son tailleur.

TENANCIER

Allons! je me ferai habiller par une couturière. — Que vous semble de nos mœuré parisiennes , ma chère Aline, depuis quinze jours que yous assistez à ces aberrations?

ALINE

Mon Dieu, je n'attache pas assez d'importance àla mode pour m'insurger contre elle.

TENANCIER

Alors pourquoi ne vous mettez-vous pas du blanc et du rouge?

Je ne saurais pas.

TENANCIER

Et vous n'en avez pas besoin.

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