‹ La contagion: comédie en cinq actes, en proseChapitre 21 sur 96 · LUCIEN, ANNETTE · texte numérisé non relu

LUCIEN, ANNETTE

LUCIEN

C'est quelqu'un, cette petite fille-là.

ANNETTE

Certainement. Elle est bien la sœur de son frère.

LUCIEN

Avec la grâce en plus. Une nature fine et ferme à la fois, un esprit bien portant qui a la fraîcheur de la santé comme son visage; pas plus de maquillage à l'un qu'à l'autre...

Et toujours la nature *

Embellit la beauté,

comme dirait papa. (H sétend sur le canapé.) .ANNETTE.

Elle est charmante, mais elle n'est pas pour toi, ni toi pour elle.

LUCIEN

Qui songe à cela ?

ANNETTE

Hum ! tu viens dîner bien souvent à la maison depuis qu'elle y est.

LUCIEN

Elle me plaît, je n'en disconviens pas ; nous nous fai-

sons une petite guerre de taquineries affectueuses qui m'amuse. Mais tu penses bien qu'à mon âge je n'irai pas m'amouracher d'une fille honnête. Va t'habiller.

ANNETTE

J'atlends quelqu'un.

LUCIEN

Alors je m'en vais.

ANNETTE

Tu peux rester; je ne serai même pas fâchée que tu restes.

LUCIEN

Qui est-ce donc ?

ANNETTE, h demi-voix.

Navarette.

LUCIEN

Navaretle ? Et que vient-elle faire ici ?

ANNETTE

Elle vient me donner une leçon (a part) qui ne profitera pas à moi seule.

LUCIEN

Une leçon ?

ANNETTE

Eh bien, oui, elle vient me faire répéter mon rôle. Grand Dieu! si papa savait que je joue la comédie.

LUCIEN

Oh! la comédie de société (n se lève)... c'est de son temps.

ANNETTE

Mais, de son temps, on ne jouait pas les Argonautes en société.

LUCIEN

Et surtout, on ne prenait pas de leçon de Navarette. On n'avait peut-être pas torl.

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