ACTE DEUXIÈME
TENANCIER
Qu'il n'y avait pas la moindre association entre eux...
LUCIEN
Où prends-tu cela?
TENANCIER
Et qu'une immense compassion a seule inspiré ce mensonge à rhomme sans entrailles que voici. — Je suis content de toi, mon ami; embrasse-moi.
LUCIEN
Non! ce serait approuver l'écriture ci -dessus et je ne l'approuve pas; il n'y a pas un mot de vrai. Qui t'a pu conter cette bourde-là? •
TENANCIER
Quelqu'un de mal informé peut-être : le père du jeune homme. — Son fils lui avait fait sa confession le lendemain même en lui demandant, d'après ton conseil, la permission de s'engager ; et le pauvre.père, ne t'ayant trouvé ni chez toi ni chez moi pour te remercier , n'a pas pu retenir plus longtemps sa reconnaissance et l'a versée dans mon cœur.
LUCIEN
11 avait droit de croire qu'elle y resterait.
TENANCIER
Oui, mon cher enfant; mais la marque de haute confiance que je donne à notre Aline peut te montrer quel prix j'attache à son estime et combien il m'était pénible de te la voir perdre par toa fanfaronnades de perversité.
Oh! monsieur, je vous remercie.
LUCIEN
Je ne vous ferai pas l'injure, mademoiselle, de vous recommander le secret le plus absolu. Vous voyez par le
repentir de ce pauvre petit diable qu'il est digne de tout intérêt. — Quant à moi, je l'avoue, j'ai été purement sublime; mais que voulez -vous! j'aime à sauver, c'est mon tic; le laurier des oies du Gapitole m'empêche de dormir.
• ALINK.
Oh ! maintenant vous pouvez vous dénigrer autant qu'il vous plaira, on ne vous croit plus.
LUCIEN
Ce que c'est pourtant qu'un coup de magnanimité bien réussi!... On çn est quitte pour la fin de ses jours.
SCK\K III.
Les MëMHS, ANNKTTE, on robe de chambre un peu excentrique. ANNETTE.
Bonjour, père ; les enfants t'attendent.
TENANCIER
Gomment donc es-tu habillée ?
C'est une robe de chambre qu'on vient de m'apporter. Comment la trouves-tu, Lucien ?
LUCIEN
Elle a beaucoup de cachet... mais tu ne comptes pas patiner dans ce costume ?
ANNETTE
J'ai bien le temps d'en changer, il n'est qu'une heure. Ma chère Aline, vous aurez soin que les enfants ne prennent pas froid, n'est-ce pas? c'est à vous que je les confie. Papa a des idées par trop lacédémoniennes sur l'élève des
l)cbés.