‹ La contagion: comédie en cinq actes, en proseChapitre 28 sur 96 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

d'estrigaud.

Qu'est-ce qu'une cinquantaine de mille francs par an au prix du repos de la femme qu'on aime?

ANNETTE

Vous l'aimiez donc beaucoup ?

d'estrigaud.

Je l'ai beaucoup aimée jusqu'au jour où une autre...

ANNETTE

A propos d'amourettes, empêchez donc mon frère de s'amouracher de la petite Aline.

d'estrigaud, li part.

Elle rompt les chiens.

Mon père a un très-beau parti pour lui, cinq cent mille francs, et je ne voudrais pas qu'Aline fût compromise, pour rien au monde.

d'estrigaud.

Hum ! il est peut-être un peu tard.

ANNETTE

Fi donc ! ils en sont encore aux coquetteries les plus innocentes.

d'estrigaud.

Croyez-vous ?

ANNKTTE.

Est-ce que Lucien vous a fait quelque confidence? d'estrigaud.

Au contraire... il évite ce sujet de conversation avec un soin... qui prouve que les choses sont plus avancées que vous ne pensez.

ANNETTE

C'est impossible! Il faudrait admettre qu'Aline est

VOUS trouveraient un peu bien collet monté et se demanderaient dans quel couvent de la rue Saint -Denis vous avez été élevée.

ANNETTE

Ces dames ont été chez vous... seules ?

Je vous le jure. Après cela, ce sont de fort grandes dames qui ne font à aucun mortel l'honneur de le trouver dangereux.

ANNETTE

Et vous imaginez-vous par hasard que je vous trouve dangereux, moi?

d'estrigaud.

Ma foi ! vous réduisez ma modestie à quelque supposition analogue.

ANNETTE

Ah ! vous mériteriez bien...

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