‹ La contagion: comédie en cinq actes, en proseChapitre 46 sur 96 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

d'estrigaud.

Eh bien, mon cher, il vient trop tard, voilà tout. Nouvelle pour nouvelle : j*ai causé cette nuit au cercle avec nos financiers; décidément ils épousent votre affaire.

ANDRÉ

. Quel bonheur !

d'estrigaud.

Nous signerons l'acte de société un de ces matins, et je vous certifie que sir Lindsay n'apporte pas assez de guinées pour faire lâcher prise à nos loups-cerviers.

ANDRÉ

Vous n\e mettez du baume dans le sang. Que de remercîments !...

d'estrigaud.

C'est nous qui vous en devrions si cette monnaie avait cours en affaires. Vous nous apportez une spéculation magnifique. . .

LUCIEN

Et nationale !

Et nationale... j'oubliais ce point. A combien estimezvous votre part dans cette entreprise patriotique ?

ANDRÉ

Je ne sais trop... après complète exécution, à quatre ou cinq cent mille francs.

d'estrigaud.

Avouons qu'il est doux de servir sa patrie à ce prixlà.

LUCIEN

On la trahirait pour moins.

ANDRÉ

Oh ! Lucien, prends garde.

LUCIEN

A quoi, Marc-Aurèle ?

ANDRÉ, riant.

Prends garde de déprécier la trahison par le bon marché.

LUCIEN

A la bonne heure 1 Mais tu avais mis le pied sur l'échelle.

ANDRÉ

Avoue que je l'ai retiré brillamment.

Tu te formes.

ANDRÉ, h d'Estrigaud.

Que vous ont dit ces messieurs ?

d'estrigaud.

A plus tard les détails. Il faut que je m'habille pour recevoir des dames. Je vous conterai les choses en long et en large ce soir chez Navarette... Vous n'oubliez pas que vous y dînez ? Vous me permettez de procéder à ma toilette,- n'est-ce pas?

ANDRÉ

Je vous en prie.

d'estrigauu.

A ce soir, (n son.)

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