ACTE TROISIÈME
ANNKTTE.
Oui, monsieur; j'y croîs comme elle croit à mon innocence.
d'rstrigaud.
A la bonne heure.
NAVARETTE
Vous êtes bien dur pour moi, monsieur d'Estrîgaud. Vous savez pourtant que j'ai de l'honneur à ma manière, et c'est cet honneur-là que j'engoge à madame.
ANNETTE
Cet honneur-là, mademoiselle, s'appelle le cœur.
NAVARETTE
Reconduisez madame, monsieur le baron. Elle est déjà trop restée dans ma compagnie pour le respect que lui doivent vos gens.
ANNETTE
Vous avez toutes les délicatesses, mademoiselle. — Restez, monsieur, je sortirai seule. (Eiie sort, d'Estrigaud resto
incliné sur la porte.)
NAVARETTE, à part.
Je suis venue à propos... la baronie m'échappait. SCÈNE X.
NAVARETTE, D'ESTRIGAUD, redescendant en sc^ne.
d'estrigaud.
Tu ne comprends donc rien, toi?
Qu'y a-t-il à comprendre? ^
D^ESTRIGAUD.
Que tu viens de me faire manquer un mariage magnifique.
NAVARBTTE.
Damel quand je suis entrée, tu n'étais pas sur le chemin de la mairie, ce me semble.
d'estrigaud.
Hé! cette marquise est une bourgeoise timorée, qui une fois à moi aurait imploré le sacrement!... sans compter que son frère l'aurait exigé!
NAVARBTTE.
Il fallait donc fermer ta porte.
D^ESTRIGÂUD.
Ton arrivée pouvait tout conclure si tu avais voulu comprendre.... Mais non, mademoiselle se pique et fait les beaux bras ! Ah ! tu peux te vanter de m'avoir ruiné, toi !
NAVARETTE
En somme, un-mariage de manqué, dix de retrouvés.
d'estrigaud.
Est-ce que je serai épousable demain !
NAVA RETTE
Pourquoi pas?
Pardieul Tu m'as donné un joli renseignement, je te remercie.
NAVARETTE
Mais je crois qu'il n'était pas mauvais. Il y a une hausse d'un franc.
d'estrigaud.
Hé bien? tu m'as annoncé la baisse.
NAVARETTE
Moi? Tu rêves.
d'e strigaud.
J'en suis tellement sûr qu'en te quittant j'ai fait vendre.