‹ La contagion: comédie en cinq actes, en proseChapitre 58 sur 96 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

NAVARETTE

Mon pauvre ami... c'est un malentendu désolant! Moi, j*ai acheté... peu, malheureusement.

d'estrigauo.

Enfm, je perds huit cent mille francs, je n'ai pas de quoi les payer, je suis exécuté, obligé de donner ma démission de toutes mes sinécures, rasé comme un ponton.

NAVARETTE

Fais-toi reporter.

O^ESTAIGAUD.

A quoi bon? je n'aurai pas plus d'argent dans un mois qu'aujourd'hui, maintenant que mon mariage est manqué.

NAVARETTE

Tuas des amis...

D^ESTRIGAUU.

Des amis? tu m'amuses! Je n'en ai plus pour trente sous du moment que je dois huit cent mille francs.

NAVARETTE

U y en a un du moins qui ne te manquera pas.

D^ESTRIGAUD.

Quel est ce phénix?

NAVARETTE

Moi.

d'estrigaud.

Toi, ma pauvre fille?

NAVARETTE. '

Ma maison de la rue Castiglione ne vaut-elle pas huit cent mille francs?

d'estrigaud.

•^ - Écoute, mon enfant... je ne suis pas facile à attendrir, mais le diable m'emporte si tu ne m'as pas remué le cœur !

ië; "1.

(Lui prenant la main vt la portant à ses yeux.) TiCDS, VOÎlà 11116 lariHe

de d'Estrigaud... fais-la monter en bague, c'est le dernier joyau qu'il t'offrira.

NAVARETTK.

Tu refuses?

DKSTKIGAtll.

Oui, clière lille. Je n'ai pas beaucoup de préjugés, tu le sais; mais il y a des délits de savoir-vivre inadmissibles, des inélégances infranchissables. Un galant homme ne peut ruiner que sa femme légitime, je te l'ai dit vingt fois.

NAVAHETTK.

Mais, alors, que vas- tu faire?

d'kstrigaui).

Que veux-tu que je fasse? Je ne peux pas payer, je ne '

payerai pas. C'est encore plus convenable que de payer |

avec Targent de ma maltresse.

NAVARETTE

Raoul. . . tu me fais peur !

d'estrigaud. *

En quoi?

NAVARETTE

Tu veux te tuer !

Moi!

NAVARETTE

Oh! n'espère pas me donner le change! Tu as ti-op répété sur tous les tons que tu te ferais sauter au premier désastre...

d'estrigaud.

C'est vrai...

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