ACTE TROISIEME
NAVARETTE
Mon pauvre ami... c'est un malentendu désolant! Moi, j*ai acheté... peu, malheureusement.
d'estrigauo.
Enfm, je perds huit cent mille francs, je n'ai pas de quoi les payer, je suis exécuté, obligé de donner ma démission de toutes mes sinécures, rasé comme un ponton.
NAVARETTE
Fais-toi reporter.
O^ESTAIGAUD.
A quoi bon? je n'aurai pas plus d'argent dans un mois qu'aujourd'hui, maintenant que mon mariage est manqué.
NAVARETTE
Tuas des amis...
D^ESTRIGAUU.
Des amis? tu m'amuses! Je n'en ai plus pour trente sous du moment que je dois huit cent mille francs.
NAVARETTE
U y en a un du moins qui ne te manquera pas.
D^ESTRIGAUD.
Quel est ce phénix?
NAVARETTE
Moi.
d'estrigaud.
Toi, ma pauvre fille?
NAVARETTE. '
Ma maison de la rue Castiglione ne vaut-elle pas huit cent mille francs?
d'estrigaud.
•^ - Écoute, mon enfant... je ne suis pas facile à attendrir, mais le diable m'emporte si tu ne m'as pas remué le cœur !
ië; "1.
(Lui prenant la main vt la portant à ses yeux.) TiCDS, VOÎlà 11116 lariHe
de d'Estrigaud... fais-la monter en bague, c'est le dernier joyau qu'il t'offrira.
NAVARETTK.
Tu refuses?
DKSTKIGAtll.
Oui, clière lille. Je n'ai pas beaucoup de préjugés, tu le sais; mais il y a des délits de savoir-vivre inadmissibles, des inélégances infranchissables. Un galant homme ne peut ruiner que sa femme légitime, je te l'ai dit vingt fois.
NAVAHETTK.
Mais, alors, que vas- tu faire?
d'kstrigaui).
Que veux-tu que je fasse? Je ne peux pas payer, je ne '
payerai pas. C'est encore plus convenable que de payer |
avec Targent de ma maltresse.
NAVARETTE
Raoul. . . tu me fais peur !
d'estrigaud. *
En quoi?
NAVARETTE
Tu veux te tuer !
Moi!
NAVARETTE
Oh! n'espère pas me donner le change! Tu as ti-op répété sur tous les tons que tu te ferais sauter au premier désastre...
d'estrigaud.
C'est vrai...