‹ La contagion: comédie en cinq actes, en proseChapitre 67 sur 96 · AN DUE · texte numérisé non relu

AN DUE

Malgré ma pauvreté?

NAVARETTE

A cause de cela, peut-être. Elle est très-romanesque. On l'a vue passer d'un millionnaire à un gentilhomme ruiné, sans sourciller. Elle vend ses voitures et ses bijoux, et tout est dit.

AND Ri:.

C'est gentil... Quel ennui de partir!

Bah ! vous allez retrouver vos occupations.

ANDRÉ

Sans doute. Ah ! que mes chantiers vont me paraître tristes!... Gomme je reverrai souvent, là-bas, à travers la fumée de ma pipe solitaire, ce petit coin du paradis... de Mahomet, où j'ai passé une heure !

NAVARETTE

Espérons que vous y reviendrez.

ANDRÉ

Dans combien de temps?... Il va falloir encore trimer quatre ou cinq ans...

NAVARETTE

Qu'est cela à votre âge?

ANDRÉ

Vous en parlez à votre aise! Je ne me suis jamais amusé, moi. Les femmes que j'ai rencontrées n'étaient pas dignes de délacer les brodequins de Valentine.

NAVARETTK.

Gomme vous vous montez la tête !

ANDRK.

C'est vrai! je ne j^ais ce que j'éprouve, mais il me semble que je n'ai pas vécu jusqu'à présent. Je sens en moi une explosion de sensualités inconnues. J'aspire les senteurs voluptueuses, comme un cheval de bataille l'odeur de la poudre!... Et dire qu'il faut reprendre le collier de misère...

NAVARKTTR.

Qui vous y force? Restez !

ANDRÉ

Le puis-je? ma fortune est là-bas!

NAVARETTE

Combien vous rapportera l'exécution de ce canal ?

ANDRÉ

Quatre ou cinq cent mille francs.

NAVARETTE

En quatre ou cinq ans... Si on vous les offrait sur-lechamp?

ANDRÉ

Hein?

NAVARETTE

Si on VOUS achetait votre concession ce prix-là?

ANDRÉ

Qui?

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