ACTE QUATRIÈME. Ml
d'estrigaud.
Rien qui puisse porter atteinte à mademoiselle Aline. Elle est parfaitement pure, mais parfaitement compromise. Elle aime Lucien, ce n'est un secret pour personne.
ANDRÉ
Ce n'est pas vrai, c'est une indigné calomnie.
d'estrigaud.
Pas d'émotion. Le mal fût-il plus grand qu'il n'est, le *^ariage répare tout.
ANDRÉ, h lui- même.
Effectivement.
d'estrigaud.
Et s'il ne tient qu'à vous de marier votre sœur à Lucien, vous avez là un devoir qui prime tous les autres, "VOUS en conviendrez.
ANDRE, avec un demi-sourire.
Oui... s'il n'y a pas d'autre salut pour ma sœur.
d'estrigaud.
Il n'y en a pas.
ANDRÉ
Vraiment?... Mais encore que dit-on? que supposet-on? Je n'admets pas que Lucien ait eu l'infamie...
d'estrigaud.
Certes! Il n'y a de coupable en tout cela que la situation même. Pour le monde qui n'est pas tenu de savoir le fond des choses, votre sœur a chez M. Tenancier la position d'une institutrice ou d'une demoiselle de compagnie. Or dans une maison où Use trouve un jeune homme, pour peu que l'institutrice soit jolie, il y a présomption de roman ; pour peu qu'on remarque un changement dans les allures du jeune homme, il y a certitude.
ANDRÉ, désappoiat^.
S'il n'y a que cela, je n'ai qu'à emmener masœurpour couper court aux méchants propos.
d'estrigaud.
Il y a plus, mon cher. Autrement je ne vous dirais pas que le mariage est indispensable.
ANDRÉ
A la bonne heure, car jusque-là...
d'estrigauo.
Votre sœur a écrit à Lucien.
ANDRÉ
Écrit!... Cela devient grave en effet... Comment le savez-vous?...
D'ESTRIGAUI).
Par Aurélie qm a dérobé la lettre.
ANDRÉ
Une lettre de ma sœur en de pareilles mains!... Estelle très... significative?
d'estrigaud.
Je ne l'ai pas lue... Aurélie n'a voulu me montrer que la signature. D'ailleurs elle ne sait pas que c'est de votre sœur et je n'ai eu garde de le lui dire, mais elle peut le découvrir d'un moment à l'autre, et alors un esclandre !...
Oui, vous aviez raison... il n'y a plus place à l'hésitation. Mon premier devoir est de sauver ma sœur. d'estrigaud.
C'est ce que je pense.
ANDRÉ
Je ne suis pas un Bmtus, moi. . . Si j'étais seul en cause, je ferais le sacrifice... tout inutile, tout absurde qu'il est...