‹ La contagion: comédie en cinq actes, en proseChapitre 96 sur 96 · ACTE CINQUIÈME. U · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME. U

TENANCIER, après y avoir jeté les yeux, va lentement à son bureau, prend le paquet de lettres et le tendant & André.

Lis les autres. (En détachant une.) Lis la dernière... lis, donc!... tout haut!

ANDRÉ, lisant.

« Il est sauvé.

TENANCIER

C'est de toi qu'il s'agit. Tu avais cinq ans, tu étais malade, en danger de mort. — Continue.

ANDRÉ, lisant.

« Les médecins l'avaient condamné, mais j'ai demandé « à Dieu sa grâce... la mienne ! avec une si ardente sup- « plication, (ju'il me l'a rendu. » Ah ! malheureuse mère, tu. n'as pas compris que c'était le châtiment !

TENANCIER

Elle va te répondre elle-même.

ANDRÉ, lisant.

« Non, ce n'était pas le châtiment que m'envoyait le « Dieu de miséricorde, c'était le salut ! Le danger de « l'enfant a sauvé la mère. Le -désespoir a passé sur mon « cœur : il en a chassé les rêveries et la vérité a tout à « coup resplendi devant moi. Ah! quand la vie de ces « petits êtres est en question, comme tout ce qui n'est pas « eux nous parait faux ! Comme nous prenons en pitié nos « révoltes contre notre destinée, nos ingratitudes envers (( le bonheur ! Comme la chaîne de tous nos devoirs se « renoue impérieusement dans nos consciences ! — J'ai « mesuré d'un coup d'oeil la profondeur de l'abîme vers « lequel nous allions glisser ; et pour rester digne de dis-

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