‹ La Contagion Dans L'Encéphalite LéthargiqueChapitre 8 sur 10 · SO ET · texte numérisé non relu

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externe, de l'irrégularité des pupilles, du délire, des hallucinations, de la somnolence, puis de la paralysie faciale, la guérison survint en un mois et le 25 février le malade,guéri, reprend son métier.

Dans le même quartier, au début de février 1920, une femme fut prise d'une encéphalite dont le début se fait par céphalée, vomissements, insomnies, délire.

Ces 2 malades habitaient deux rues voisines, les enfants allaient à la même école, où la fille du premier se trouvait à être voisine de banc de celle du second.

Ces deux enfants n'ont jamaisrien présenté.

Obs. VII. — Un homme âgé de 42 ans est pris au mois de mars 1920 d’une encéphalite qui débute par une céphalée violente, il voit double, présente de l'incoordination des mouvements et de l’incontinence des sphincters.

Ilest visité durant sa maladie par une personne, dont l'habitation est lointaine, qui, elle, n'éprouve aucun symptôûme, mais dont la sœur est prise en janvier 1921 d'une. encéphalite typique.

Une institutrice de 32 ans tombe en léthargie en mars 1921. Elle donnait des leçons à l'enfant d'une employée dont la maladie à commencé fin janvier et qui, actuellement (février 1922), est prise de maladie de Parkinson:

En regard de ces cas de contagion, nous devons insister sur ce fait qu'elle est minime. On en trouve peu de cas, à peine 5 0/0, et l’on a pu garder des malades dans des salles communes sans y observer aucun cas.

C’est ainsi qu’à l’hôpital Trousseau, où plus de 50 cas ont été hospitalisés, on à dû, faute de place, les mettre à côté des autres malades, il y a eu jusqu’à 6 et même 8 malades sans qu'aucun cas de contagion ne se soit manifesté.

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Sur 174 cas observés, M. Nelter a constaté 8 fois la contagion.

Sur 18 cas, Bosc note 11 femmes, âgées de 20 à 65 ans, il ne note aucun cas de contagion, mais une très nette prédisposition nerveuse dans quatre cas.

Bourges et Marcadier ne notent que des cas isolés et aucun élément de contagiosité.

Si la contagion est rarement évidente, c’est qu’un grand nombre de cas nous échappent. Lorsque l’on fait une enquête, autour d’un cas typique, on s'aperçoit que l’on trouve dans l’entourage du malade un grand nombre de personnes qui ont été prises de malaises plus ou moins légers, auxquels eux-mêmes n’ont pas altaché d'importance.

Voici, à ce sujet, le résultat d’une enquête faite par Wallgren :

Dans une fabrique qui occupe 190 ouvriers, on a trouvé :

59 malades plus ou moins souffrants, mais obligés d'interrompre leur travail ;

13 ont subdéliré la nuit ;

11 onteu de la fièvre 38°-39° ;

k7 ont eu de la céphalée ;

43 ont eu des éternuements ;

22 ont eu de la fatigue ;

11 ont eu envie de dormir ;

6 ont eu de l’insomnie.

Il y avait eu 6 cas d’encéphalite.

Ce sont ces formes atténuées qui indiquent l’impré-

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gnation de l'organisme par le virus, et mettent à l’abri des formes graves.

Pour les formes manifestes, il faut une prédisposition, une meiopragie du syslème nerveux qui permettent la fixation du virus.

Dans les 2 cas survenus dans un pensionnat de 100 élèves, les 2 enfants malades possédaient des tares nerveuses antérieures. La première était, au dire de la directrice, d’un esprit très bizarre, même égaréc. La seconde avait une intelligence normale, mais une raideur de maintien particulière.

Bosc, dans sa relation, signale 4 fois la prédisposition nerveuse.

Ainsi donc : Existence du virus ; réaction fébrile générale traduisant l’infection de l'organisme ; Réaction viscérale fréquente ; Localisation secondaire, à la faveur d’une meiopragie sur le système nerveux ; telles sont les certitudes auxquelles nous sommes parvenu.

Reste à élucider maintenant et c'est le point le plus important, la manière dont le virus pénètre dans l'organisme.

Ici comme pour la méningite cérébro-spinale et la poliomyélite, le virus est situé dans les centres nerveux, il est, pour employer l'expression de M. Netter, «en cage », protégé par les méninges et la boîte cranienne.

Nous avons vu qu’il s’éliminait par le mucus nasal, élément de contagion peu important, car on n’observe rarement de rhinite ou de coryza chez les malades.

Au contraire, nous trouvons chez eux une partlicipation fréquente des glandes salivaires, en particulier des

parotides, se traduisant par une salivation abondante et un gonflement des parotides, analogue à celui des oreillons, dont le virus, lui aussi, a une assez grande affinité pour le système nerveux, les méninges tout particulièrement.

L’anatomie pathologique vient renforcer ces données cliniques. En effet, le D' Durand, chef de laboratoire à

.Phôpital Trousseau, a trouvé, dans 3 cas, des lésions microscopiques importantes : amas cellulaires abondants, surtout dans les espaces inter-acineux, mais arrivant au contact des grains glandulaires. Ce sont à peu près les mêmes lésions que celles rencontrées dans la rage par Mamouelian, qui a retrouvé, en outre, dans ce tissu glandulaire, les corpuscules de Negri caractéristiques, dans le cytoplasma des cellules nerveuses si abondantes dans ce tissu. :

La présence du virus rabique s'y retrouve même après ligature des vaisseaux, ce qui prouve son apport par voie nerveuse, |

L’expérimentation nous a appris que l’inoculation du virus de l’encéphalite par voie nerveuse périphérique, donne la maladie, son élimination par voie nerveuse est également acquise.

Il est logique d'admettre son abondance dans les organes riches en tissu nerveux, et placés près du cerveau,et surtout du mésocéphale,lieu de prédilection. A ce point de vue, la muqueuse pituitaire et les glandes salivaires sont riches en tissu nerveux et proches. Par con-

séquent, les réveils d'activité du virus dans les centres nerveux doivent coïncider avec la présence du virus dans

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Je mucus et dans la salive. Cette dernière, projetée, en fines gouttelettes, va servir de contage et infecter l’organisme et en particulier le naso-pharynx. Si ce dernier présente une lésion, ou si le mucus a un fléchissement de son pouvoir microbicide, la maladie pourra être inoculée. |

Nous connaissons en outre la longue persistance du virus, sa résistance à la dessication, autant de facteurs qui vont en permettre la conservation et la diffusion.

En temps ordinaire quelques individus seulement sont réceplifs et peuvent contracter la maladie. Mais qu’il survienne des événements graves, épidémies, guerre avec son cortège de privations, hiver dur et rigoureux, le germe, à la faveur d'un fléchissement de la résistance organique, va pouvoir se développer et acquérir, par passage,une virulence de plus en plus accrue qui va donner naissance à une épidémie contre laquelle, en l’absence d’une médication spécifique, il est possible de se protéger, grâce à une prophylaxie basée sur les notions épidémiologiques, cliniques et expérimentales que nous venons d'exposer.

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