BE L'ADORATION MENTALE, EN GENERAL
contemplatif. Ordinairement cette faveur n'est accordee qu'^ ceux qui sont d^jk avances dans la vie spirituelle. II se peut que ce ne soit qu'un ^.tat passagfer, ne se produisant qu'i de tr^s longs intervalles, comme il se peut aussi que ce soit un ^tat habituel, un don de Dieu solidement ^tabli dans I'ame. Ce dernier dtat contemplatif ne se rencontre que chez les parfaits. - '
On peut done affirmer sans crainte, que tous les mystiques, tous les Chretiens de bonne volont6, sur quelque degre de r^chelle de la perfection qu'ils se trouvent, sont capables des actes passagers de contemplation ; tandis que, seuls, les plus avances, peuvent se livrer h une contemplation, soutenue pendant un temps prolonge, qui sera g^neralement en proportion de leurs progr^s dans la vie spirituelle.
C'est ce qui explique I'avis que don-
LA CONTEMPLATION CHRSTIENNE
nent les auteurs spirituels et particuli^rement Gerson, de nous garder d'aller audela de la grace qui nous a ete departie jusqu'^ cette heure, et de vouloir voler plus haut que ne comporte I'enverg-ure de nos ailes. Dans le meme ordre d'id^es, saint Benoit donne cette r^gle : « En communaute, que I'oraison mentale soit courte et pure, k moins que peut-^tre sous I'influence de la grace, on ne se sente inpir6 de la prolonger. » (Regula. ch. xx).
En lisant les livres qui traitent de la contemplation, on fera bien d 'avoir constamment sous les yeux cette importante distinction entre les actes et les 6tats, autrement il arrivera que Ton sera ddrout^ par des assertions en apparence contradictoires, tandis qu'en reality, ce que dit un 6crivain se rapporte aux actes passagers de contemplation, et ce que dit un autre a trait aux 6tats de contempla-