‹ La contemplation chrétienneChapitre 40 sur 45 · SUR LE SEUIL DE LA VIE UNITIVE · texte numérisé non relu

SUR LE SEUIL DE LA VIE UNITIVE

ne me parait plus inutile et illusoire. Ce que je me propose ici c'est d'en faire une description sommaire, qui suffise k allumer, dans les ^mes de bonne volont^, le ddsir d'en faire la connaissance par experience personnelle.

Les ph^nom^nes divins que nous entreprenons de retracer sont si ^tranges que nous nous trouvons dans la n^essit6 de i?ire un grand usage de paraboles, Je mt^taphores et d'images vives et varices. En ceci nous avons les Saintes Ecritures pour modeles et justification. Voyez comme Notre-Seigneur s^me k pleines mains les paraboles dans son divin evangile, et avec quel merveilleux k propos. Voyez quelle vari^te de m^taphores. il accumule, dans la fameuse page de saint Mathieu (xiii, 1-53), ou il nous donne les grandes lignes de la future histoire de son Eglise. II I'appelle un Royaume, le Royaume des cieux sur la terre. II

LA i'ONTSMPLATlON CHHETIENNE

compare ce royaume a un setneur dont le gfain tombs en partie le long du chemin, en partie sur un terrain rocailleux, en partie au milieu des epines et le reste dans la bonne terre, II la compare encore b un champ dans lequel le CuUivateur a semi de hon f foment, mais Vennemi est venu, sournoisement, la nuit, y semer aussi de Vivraie ; » * h un grain de senevi, si petit en lui-mSme, mais qui jet4 en terre, grandit prodigieusement, jusqu^a devenir un arhre touffii ; au levain que la minagere ensevelit dans trois mesure de farine pour faire lever la pdte ; au tresor cache dans un champ ; au marchand qui trafique en perles precieuses ; au filet que Von jette a la mer pour y prendre toutes sortes de poissons.

Notre Seigneur nous donne un autre

exemple d 'accumulation de m^taphores,

lors<ju'il nous enseigne que nous sommes

ses brebis et qu'il est, Lui, le bon Pasteur,

suit LB SEUIL DE LA VIE UMTIVE

et en m^me temps le Bercail, la Porte du bercail et enfin le Pdturage. (Jean x). Ce qui, dans dans la bouche, d'un hoipme ordinaire, serait un Strange abus de Iangage, fi'en est pas moins en Notre-Seigneur I'expression de Tabsolue verity, et le seul moyen de nous faire un peu oomprendre, par pieces et par morceaux, tout ce que Jesus est a notre ^gard.

C'est encore Notre Seigneur qui, en se servant de la plume de Salomon, nous a decrit dans le Cantique des Cantiques, I'amour mutuel qui existe entre Lui et son Eglise, comme aussi entre Lui et chaque ^me chr6tienne, indivlduellement.

Que dire de I'etonnante imagerie des proph^tes Ez^hiel et Daniel, ou encore des sens mystiques que les P^res de I'Eglise d^couvrent d'un bout k Tautre de I'Ancien Testament? II faut en convenir, ces interpretations symboliques ne font qu'une mediocre impression sur les es-

prits d'aujourc'hui ; mais il faut aussi convenir que Tesprit mcMderne n'est point la mesure supreme des choses ; en tout cas, il n'est point la mesure des myst^res divins.

Dans son traits « De Divinis Nominibus » et dans son ^pitre k Tite, Denis le Pseudo-a6ropagite nous enseigne que les m^taphores des Saintes Ecritures sont des fictions hardies et respectueuses, symboles palpables des choses qui sont d6rob^es k nos yeux, symboles multiples et divis^s de choses simples et indivisibles ; symboles, k formes et k figures diverses, de choses qui n'ont ni forme ni figure : telles, enfin, que si Ton en pent contempler la beaut^ interne et cach^e, on trouvera que tout y est myst^rieux, divin et rempli d'une immense lumi^re th6ologique. » (Ep. ix,

Lorsque MoTse paissait les brebis du

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