I», qu. 12, a. 12, ad 3 ; — II» II", qu. 15^ a. 3, ad i
le doute les âmes intéressées à ce que leur nature soit chair et non esprit, à ce qu'il n'y ait pas un Dieu personnel pour les juger.
Au contraire, supposez que nous aimions la vérité rencontrée au terme de nos raisonnements. Au lieu de la subir avec des répugnances qui bientôt se formuleront en objections, nous serons contents de la trouver telle. Notre cœur ajoutera son libre et joyeux consentement aux nécessités logiques de notre pensée. Il en sera de lui comme du Créateur à la fin de chacune des opérations de son Verbe : « Il vit que c'était bon. » Et notre esprit tout entier se reposera dans la certitude, comme Dieu dans la paix du septième jour.
Nous avons parlé jusqu'ici des vérités qui ne dépassent pas la portée de notre raison. Que sera-ce si l'on se trouve en présence des mystères révélés ? L'intervention de la volonté ne sera pas seulement utile pour consolider notre assentiment, elle sera nécessaire pour le déterminer. Assurément cette intervention n'est pas la poussée aveugle que nous reprochent les ennemis de notre foi. L'on a, au préalable, découvert des motifs qui la légitiment. Mais outre qu'il a fallu pour agréer ces motifs faire preuve de la volonté droite et bonne dont nous parlions naguère, — il faut maintenant que la volonté appuie sur l'intelligence et la fixe dans l'assentiment. Par elle-même, en effet, l'intelligence humaine ne comprend plus. Elle ne sait que par procuration. Sans doute, elle a des raisons indiscutables de tenir pour clairvoyant et vcridique le divin témoin qui se porte garant de la vérité. Mais par elle-même elle ne saisit que l'affirmation de Dieu. Le contenu de celte affirmation échappe à sa propre compréhension. Pour qu'elle y adhère, il faut que sa volonté l'y porte, puis l'y maintienne toujours. Notre intelligence de croyant est captive, dit saint Thomas ^
Oui, clic est captive, mais l'heureuse captive de notre amour de Dieu qui a peu à peu affirmé sa maîtrise. D'abord ce ne fut qu'un simple besoin d'Ame qui la ramenait au