‹ La Contemplation mystique d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 152 sur 227 · Isaîe, XI · texte numérisé non relu

Isaîe, XI

de ces pauvres gens : « Cela est arrivé, dit Jésus, afin que fût manifestée la gloire divine ^. »

Saint Paul, entre tous, reçut une part abondante de la plénitude de sagesse qui fut accumulée dans le Christ pour nous être communiquée à tous. Maints passages de ses lettres en témoignent. Lui aussi regardait d'abord à la gloire divine : «Nous contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur», écrivait-il aux Corinthiens *. Mais citons spécialement le début magnifique de l'Épître aux Éphésiens où l'apôtre embrasse du haut de l'éternité le plan du salut. Entraîné par son enthousiasnie, il en oublie même quelque peu la syntaxe. Aussi sa longue phrase est-elle obscure à première vue. Quelques mots ramenés comme un refrain nous aident à l'éclaircir : saint Paul revient toujours à « la louange de la gloire divine », et ces paroles coupent son cantique d'action de grâces comme en trois strophes successives. La louange de la gloire divine est le but suprême de toute l'œuvre des trois Personnes.

C'est d'abord le but de ce choix éternel que le Père a fait des hommes pour les adopter comme ses enfants en les incorporant à son Fils : « Béni soit Dieu, le père de Notre-Seigneur Jésus- Christ, qui nous a bénis dans le Christ de toute sorte de bénédictions spirituelles dans les cieux. En Lui il nous a élus dès avant la création du monde, pour que nous soyons saints et irrépréhensibles à ses yeux, nous ayant, dans son amour, prédestinés à être ses fils adoptifs par Jésus-Christ, conformément à la décision de sa volonté, pour la louange de la gloire de sa grâce dont il nous a gratifiés dans le bien-aimé. »

La louange de la gloire divine, c'est encore le but suprême de l'œuvre que le Fils a exécutée : « Dans le Christ nous possédons la Rédemption par son sang, la rémission des péchés selon la richesse de sa grâce que Dieu a répandue abondamment sur nous, sous forme de toute sagesse et prudence, en nous faisant connaître le mystère de sa volonté, selon le libre dessein que s'était proposé sa bonté, pour le réaliser lorsque la plénitude des temps serait accomplie, à savoir tout réunir en Jésus-Christ

Page 1