‹ La Contemplation mystique d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 154 sur 227 · II» Ilae, qu. 45, a. 5, c. et ad I · texte numérisé non relu

II» Ilae, qu. 45, a. 5, c. et ad I

incomparable qu'il a opérée sur cette question des dons du Saint- Esprit ? La doctrine en a été fixée par lui définitivement, parce que rattachée aux tout premiers principes. C'est à la primauté de l'Être divin et de son action qu'il a su encore demander la lumière pour éclairer ce point.

D'autres esprits de moindre envergure et incapables de monter si haut, ou peut-être retenus par des soucis d'un ordre secondaire, s'appliqueront à l'étude des causes plus proches. Préoceupés, par exemple, de la liberté humaine, ils veilleront avant tout à la sauvegarder dans leurs systèmes, et à susciter son effort dans la pratique, par des exercices savamment combinés. Pourtant il est écrit : « C'est Dieu qui opère en nous le vouloir et le faire selon son bon plaisir ^. » Quelques-uns ne comprennent pas, dit notre saint, comment Dieu peut produire en nous le mouvement de notre volonté sans nuire à notre libre arbitre, et ils ont fait leurs efforts pour dénaturer le sens de ces paroles divines qu'ils expliquent ainsi : Dieu cause en nous le vouloir et le faire, c'est-à-dire qu'il nous donne la faculté de vouloir, mais sans nous déterminer lui-même à ceci ou à cela... Penser de la sorte, poursuit saint Thomas, c'est manifestement résister à l'autorité de la sainte Écriture. Il est dit en effet dans Isaïe (xxvi, 22) : « Toutes nos œuvres, Seigneur, vous les avez opérées en nous. » Ce n'est donc pas seulement la faculté de vouloir que nous tenons de Dieu, mais l'opération même ^. Gardons-nous de concevoir la causalité divine à la façon d'une influence humaine qui ne peut être efficace sur notre volonté que par le consentement que nous y joignons. Il y a un abîme infini entre cette façon d'agir et celle de notre Créateur. Dieu n'est pas extérieur à nous. Intérieur à tout, plus intime à chaque être que celui-ci ne l'est à lui-même, « Dieu est la cause première qui meut les causes naturelles et les causes volontaires. En mouvant les causes naturelles, il ne détruit pas la spontatiéilé de leurs actes. De même, en uKuivant les causes volontaires il ne détruit pas la liberté de leur action, mais plutôt il

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