‹ La Contemplation mystique d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 2 sur 227 · VI LA CONTEMPLATION MYSTIQUE · texte numérisé non relu

VI LA CONTEMPLATION MYSTIQUE

une étreinte d'amour l'unit à Dieu et la fait jouir de sa bonté.

Gerson a défini la contemplation mystique : « Une connaissance expérimentale de Dieu goiàtée dans l'étreinte de l'amour unitif ^ »

Que l'on puisse étudier un tel état d'âme d'après saint Thomas d'Aquin, beaucoup s'en étonneront peut-être. Le docteur angélique est sans doute un grand philosophe et le prince des théologiens. Mais a-t-il traité de la mystique ? Allons plus loin. Celle-ci peut-elle faire l'objet d'une science spéculative ? Et saint Thomas ne l'a-t-il pas délaissée pour cela même ?

Saint Thomas s'est bien gardé de négliger la mystique. S'il n'entrait pas dans le plan de ses ouvrages de nous raconter tout au long ses expériences à la façon d'une sainte Thérèse, il a su, en homme averti, formuler les principes qui règlent ces matières.

Mais pour donner tout son sens au traité de la vie contemplative que l'on trouve à la fin de la seconde partie de la Somme, on doit connaître et se rappeler dans son ensemble l'enseignement qui précède sur l'être de Dieu, sa présence au plus intime de toute créature, l'efficacité de son action au fond des âmes, les dons du Saint-Esprit, etc. Il faut encore rappiocher ces principes des faits auxquels ils correspondent.

Nous nous sommes astreints à cette double besogne. Aux plus autorisés parmi les mystiques nous avons demandé la description de leurs expériences. L'œuvre de saint Thomas darcourue en toute son ampleur nous a fourni l'explication

1. Expcrimcntalis cognitio habita de Deo per amoris unilivi complexuin {De mysticâ tlicologiâ speculativû, Coiisidcr. XXVIII).

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