‹ La Contemplation mystique d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 212 sur 227 · L\ CONTEMPLATION MYSTIQUE · texte numérisé non relu

L\ CONTEMPLATION MYSTIQUE

C'est toujours le même principe. Les puissances de i'tiomme sont limitées. Son âme perd en activité sensible et en mouvement corporel ce qu'elle doit donner à l'union divine ; et réciproquement, lorsque dans les débuts l'union divine n'est pas si véhémente que l'on ne puisse s'en dégager, elle diminue dans la mesure où l'on s'occupe d'autre chose.

Nous n'avons expliqué encore que les extases qui sont la conséquence de la contemplation mystique. Restent les ravissements proprement dits, raptus. Sainte Thérèse en eut beaucoup et en parle même plus souvent que des extases.

Entre ces deux mots, qu'elle-même prend souvent l'un pour l'autre, il y a cependant une nuance que saint Thomas a parfaitement remarquée. L'extase désigne plus spécialement la défail lance corporelle consécutive à une forte application de l'âme. Le ravissement implique une idée de violence : Dieu tire l'âme à lui, hors des sens, pour lui communiquer quelque vision ^. Il est vrai que Dieu peut profiter d'une extase déjà produite par une contemplation intense, comme aussi du sommeil lui-même, pour envoyer cette vision ^ Car en ces états où l'âme est dégagée des sens extérieurs et toute recueillie intérieurement, elle est plus apte, dit saint Thomas, à recevoir l'impression des esprits supérieurs et plus docile à leur action ».

Ainsi c'est en songe que l'ange du Seigneur apparaissait à saint Joseph et lui transmettait les ordres de Dieu ; c'est aussi pendant le sommeil que saint Paul, à Troas, eut la vision d'un IVlacédonien qui lui disait : « Viens à notre secours. »

Comme exemple de vision accordée à l'âme qu'une contemplation véhémente a mise en extase, saint Thomas cite le cas de saint Pierre sur la terrasse du Cénacle. « Tandis qu'il priait,

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