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l'extase 301
faits suivants qui répondent peut-être à ces questions. Un jour que les médecins devaient soumettre sa jambe au feu, il se fit avertir de leur arrivée et se livra à une méditation si profonde qu'il ne s'aperçut pas de l'opération. Un autre jour que dans sa cellule il dictait un exposé du mystère de la Trinité, la chandelle qu'il tenait à la main se consuma entre ses doigts sans qu'il y prît garde. Chaque fois qu'on devait le saigner, il veillait au préalable à s'abstraire de ses sens par la contemplation, et ainsi l'on n'avait plus de difficulté à lui ouvrir la veine. Autrement il était excessivement sensible à la douleur ^.
Mais parce que ces exemples sont empruntés à la vie d'un saint on doutera peut-être que de tels phénomènes soient uniquement naturels. Peu nous importe d'ailleurs. Car dans la contemplation surnaturelle qui fait l'objet de notre étude la grâce intervient pour provoquer un amour d'une ferveur incomparable et fixer l'attention avec une force surhumaine. Et sainte Thérèse a longuement décrit ce qui lui arrivait au plus fort de l'union mystique.
Ce n'est pas tout d'un coup, sans transition, que l'on tombe en cette extase. Celle-ci se trouve déjà à l'état d'ébauche, dès les premiers recijeillements de la quiétude. On y éprouve une gêne sensible pour produire d'autres actes que celui de la simple contemplation et de l'union à Dieu auquel on est passivement porté. On a de la peine à y ajouter des réflexions tant soit peu compliquées. La lecture, les prières vocales longues et varié, s deviennent très difficiles. Nous parlons surtout des lectures et prières faites à voix basse, car si l'on élève la voix, si le corps accomplit divers mouvements, tous ces efforts empêchent l'âme de s'absorber fortement en Dieu. Une part d'attention est ainsi récupérée, mais aux dépens de l'union mystique. C'est pourquoi les saints n'éprouvaient pas de grandes difficultés à poursuivre la célébration de la messe. De même si l'on s'applique à des œuvres extérieures elles font peu à peu sortir de la quiétude et accaparent pour leur propre compte toutes les forces de la conscience.