‹ La Contemplation mystique d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 221 sur 227 · ChâlKtu, sept. (Icui., (h. III · texte numérisé non relu

ChâlKtu, sept. (Icui., (h. III

2 AJfirr, M, 3.

l'extase 309

être classés médicalement dans des groupes divers, ne sont en réalité que le contre-coup, sur des organismes très différents, d'un état spirituel qu'ils ne caractérisent pas, dont ils ne sont que la conséquence et l'accessoire. De même que certaines maladies arrivent aux adolescents lors du passage de l'enfance à l'âge miir, les extases corporelles ne sont aussi qu'une crise de croissance dans le développement de la vie mystique. S'il est bon de grandir physiquement et de se parfaire spirituellement, les extases comme les maladies qui surviennent en ces conjonctures ne sont pas un honneur, mais une rançon. Pénétrons-nous bien de cette vérité. Seule l'union à Dieu, cette extase intérieure que nous avons étudiée d'abord et qui s'épanouit en l'état que saint François de Sales appelle « l'extase de l'œuvre et de la vie » ^ seule l'extase de « ceux qui ne vivent plus à eux-mêmes mais à celui qui est mort et ressuscité pour eux >» a une valeur réelle, x Quand doncques on voit une personne qui, en l'oraison, a des ravissements par lesquels elle sort et monte au-dessus de soymesme en Dieu, et néantmoins n'a point d'extase en sa vie, c'està-dire, ne fait point une vie relevée et attachée à Dieu par abnégation des convoitises mondaines et mortification des volontez et inclinations naturelles; par une intérieure douceur, simplicité, humilité et surtout par une continuelle charité ; croyez, Théotime, que tous ces ravissements sont grandement douteux et périlleux : ce sont ravissements propres à faire admirer les hommes, mais non pas à les sanctifier. Car quel bien peut avoir une âme d'estre ravie à Dieu par l'oraison, si en sa conversation et en sa vie elle est ravie des affections terrestres, basses et naturelles? Estre au-dessus de soy-mesme en l'oraison, et au-dessous de soy en la vie et opération ; estre angélique en la méditation, et bestial en la conversation, c'est clocher de part et d'autre..., et en somme, c'est une vraye marque que tels ravissements et telles extases ne sont que des amusemens et tromperie du malin esprit. Bienheureux sont ceux qui vivent une vie surhumaine, extatique, relevée au-dessus d'eux-mesmes quoyqu'ils ne soyent point ravis au-dessus d'eux-mesmes en l'oraison. Plusieurs

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