‹ La Contemplation mystique d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 58 sur 227 · In II»'" II'»', qu. 182, a. 1, § VII · texte numérisé non relu

In II»'" II'»', qu. 182, a. 1, § VII

l'ascension de l'ame vers la contemplation 75

§ III. — L'exercice de la méditation religieuse nous achemine directement vers la contemplation de Dieu.

« Ceignez vos reins et prenez à la main votre lampe allumée, dit Jésus, pour que vous soyez prêts à recevoir le Maître. » La pratique des vertus morales réalise le symbole de la ceinture autour des reins. Quant à la lumière, l'homme la trouvera en son intelligence s'exerçant à la méditation. Nous donnons à ce dernier mot un sens aussi compréhensif que possible : on le verra bientôt. La méditation des vérités chrétiennes, voilà la préparation positive et directe qui est ordinairement requise pour atteindre à la contemplation mystique. En règle générale, le Saint-Esprit n'intervient pas dans une âme avant qu'elle ait fait son possible à la manière humaine, par son intelligence éclairée de la pupille de la sainte foi, suivant la métaphore si expressive de sainte Catherine de Sienne. C'est l'enseignement de saint Thomas que nous avons déjà cité ^, et d'ailleurs la conséquence logique des principes que nous avons établis. Les dons viennent en aide aux vertus, moins pour les remplacer que pour les continuer. Il ne s'agit pas principalement de remédier aux défaillances d'un commençant, d'un néo-converti qui n'a pas encore suffisamment acclimaté dans son âme les vertus surnaturelles que Dieu y implante d'un seul coup avec la grâce sanctifiante, mais sans détruire les broussailles des mauvaises habitudes, ni supprimer les intempéries du milieu ambiant. Pour empêcher que de tels obstacles ne fassent périr ces vertus infuses, pour conformer nos mœurs à ces aptitudes nouvelles et faire de tout notre être naturel et surnaturel un seul organisme vivant qui agisse et se développe, le grand moyen est de s'exercer soimême par des actes répétés avec la coopération de la grâce *. Mais il existe d'autres imperfections, que la pratique la mieux conduite ne supprimera jamais, parce qu'elles sont inhérentes aux vertus elles-mêmes. Ainsi il est essentiel à la vertu de foi

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