‹ La Contemplation mystique d'après Saint Thomas d'AquinChapitre 59 sur 227 · lallae, qu.65,a.3,ad · texte numérisé non relu

lallae, qu.65,a.3,ad

que son objet demeure obscur, énigmatique. Or la vraie fonction des dons est de parer à de tels défauts. Par exemple les dons intellectuels prolongeront l'effort de la vertu de foi en faisant p'nHier p r imi- sorte d'in ui ion le^ vérités qu'elle admet déjà, mais auxquelles elle n'adhère que pour des raisons extrinsèques ^. Seulement, pour mériter l'intervention de lumières supérieures, il faut que la vertu ait d'abord donné son rendement propre.

Donc l'effort humain est nécessaire au préalable, cet effort intellectuel si complexe que saint Thomas nous décrit en opposition avec l'intuition angélique. Celle-ci s'accomplit comme d'un seul coup d'œil. L'homme, au contraire, n'arrive à embrasser du regard une vérité qu'après des démarches multiples de son esprit ^.

Il lui faut d'abord recevoir les principes qui lui serviront de point de départ pour la contemplation. A cette fin qu'il écoute ou qu'il lise ^. En tout ordre d'idées, nous serions bien pauvres, si la tradition ne nous livrait ses trésors d'expérience, si des maîtres ne nous initiaient à leur savoir. « Les paroles de celui qui enseigne, dit saint Thomas, qu'elles soient entendues ou vues écrites, font éclore la science dans l'intelligence, de la même manière que les choses extérieures à l'âme. Des unes et des autres, l'intelligence prend l'intelligible. Il y a pourtant cette différence que les paroles sont plus proches de l'intellection, étant des signes d'idées toutes faites *. » Mais c'est surtout en matière religieuse qu'il faut d'abord se faire disciple, écouter le magistère enseignant qui nous propose les vérités mystérieuses où Dieu s'est révélé, prêter l'oreille aux paroles de l'Église et de ses représentants approuvés. Les inspirations intérieures du Saint-Esprit n'ont point du tout pour but de dispenser de cette instruction préalable.

Saint Thomas, après avoir insisté sur la nécessité où se trouvent ceux qui dans l'Église ont charge d'enseignement, de

1. c ...Facit aliquo modu limpide iulueri ea qus suut fidei. • {In Isatain XI, 2).

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