CHAPITRE PREMIER
Anatomo-physiologie.
Nous ne pouvons commencer cette étude sans rappeler les données anatomo-physiologiques qui lui serviront de base. Il serait évidemment fastidieux de décrire longuement l'appareil génital de l’homme ; mais, à côté des détails de structure que nous possédons depuis de nombreuses années, il en est d’autres, nis en lumière depuis peu, sur lesquels nous insisterons particulièrement, étant donné leur importance vis-à-vis de notre sujet.
On sait que les organes mâles se composent essentiellement du testicule chargé d'élaborer les spermatozoïdes, d’un conduit excréteur et de glandes annexes. Chez l’homme, le testicule occupe sa situation dans les bourses à la fin de la vie fœtale seulement. Il a pris naissance dans la cavité abdominale, puis est descendu graduellement dans le scrotum. Toutefois, au cours de cette migration, peut survenir un arrêt anormal et définitif — testicule ectopique — qui produit au sein de la glande des modifications considérables, de sorte qu'il subit une mort fonctionnelle (du moins en ce qui concerne sa fonction spermatique).
1° Testicule. — Les canalicules où prennent naissance les spermatozoïdes sont réunis et soutenus par une trame conjonctive dont l'importance est considérable, car, en dehors des fibres, des cellules ramifiées et des vaisseaux, elle renferme des formations bien spéciales que nous étudierons en détail. Ce sont les cellules interstitielles, découvertes par Leydig en 1850 et,
depuis, étudiées par de nombreux auteurs. Elles se rencontrent surtout dans les interstices anguleux des canalicules; on en trouve aussi dans le corps d'Higmore, dans les septula et jusque dans les couches les plus internes de l'albuginée. Elles sont parfois isolées, mais rarement. Le plus souvent, elles forment des amas ou des cordons. Souvent aussi, elles se disposent en couronne autour des vaisseaux, mais ce fait n’est pas constant.
Ce sont de grosses cellules ovalaires ou polygonales, avec un noyau sphérique, souvent excentrique, qui contient un ou deux nyeléoles et un réliculum avec grains de chromatine. Parfois, on trouve le noyau en état de division, mais on n'a jamais pu constater de division du cytoplasme. Ce dernier présente une zone centrale juxtanucléaire finement granuleuse et une zone excentrique où l'on trouve de temps en temps des alvéoles. Ces alvéoles atteignent parfois un grand développement et envahissent tout le cytoplasme.
A l'intérieur des cellules, on distingue un certain nombre de produits d'élaboration dont trois sont bien connus : la graisse, les cristalloïdes, le pigment. On y trouve aussi des granulations acidophiles et basophiles et des produits solubles toxalbumines et albuminoïdes.
La graisse se rencontre sous forme de granulations capables d'infiltrer les cloisons interalvéolaires. Les cristalloides sont propres au tésticule humain (cristaux de Reinke). Ils se présentent sous forme de bâtonnets droits ou incurvés, susceptibles de fixer les colorants. Ils présentent d’ailleurs des réactions histochimiques variables sur une même coupe. Ces variations chromatiques sont sans doute en rapport avec des variations du produit de sécrétion. Le pigment se développe avec l’âge, aussi se trouve-t-il plus abondant chez le vieillard, tandis que la graisse et les cristalloïdes ont disparu et que la cellule à diminué de volume.
Il est bien démontré aujourd’hui que la cellule interstitielle est une cellule glandulaire. Sa conformation et ses variations de structure en sont la preuve : la constitution du nucléole est
complexe, la cellule se divise par clivage ou étranglement, les Esquier 2