‹ La continence est-elle nuisible ?Chapitre 12 sur 30 · CES · texte numérisé non relu

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nombreux spermatozoïdes mais n’en à jamais rencontré dans les acini vésiculaires. L'épithélium qui les tapisse est formé par de hautes cellules cylindriques bien délimitées reposant sur une basale. Entre Les pieds des cellules on aperçoit de grands espaces clairs susceptibles de se colorer en noir intense par l'acide osmique, ce sont des cellules basales surchargées de grains. Le cytoplasme des cellules cylindriques est formé de granulations acidophiles. IL présente peu d'enclaves — à peine quelques gouttelettes de graisse — au niveau des vésicules; par contre, dâns certains culs-de-sac de l’ampoule des déférents, les cellules renferment de nombreux grains de sécrétion colorables par les réactifs basiques. Leur quantité est variable. Peu nombreux dans certaines cellules, ils siègent près du noyau entre celui-ci et la face libre du corps cellulaire ; puis leur nombre augmente progressivement et ils se rapprochent de plus en plus de la face libre. Le noyau volumineux, sphérique ou ovalaire, n’a jamais présenté de figures de mitose; par contre, quelques divisions amitosiques ont pü être constatées.

Quelques cellules épithéliales sont en dégénérescence ; quant aux cellules basales, si un grand nombre renferme des vésicules graisseuses de volume variable, on en trouve qui n’ont pas subi cette différenciation, sont petites, comprimées entre leurs voisines. Il faut noter aussi que le tissu conjonctif, en dehors de la basale, ne renferme pas de graisse. On n’en trouve pas non plus chez le taurillon avant la puberté. Il faut donc conclure à une différenciation des cellules basales en vue de concourir à une fonction, non encore déterminée, des organes annexes de l'appareil génital.

Quoi qu'il en soit, la nature glandulaire de ces organes ne peut être mise en doute. L'aspect des cellules, la présence dans leur cytoplasme de grains semblables à ceux qui se trouvent dans la lumière acineuse, l'absence de spermatozoïdes dans les vésicules, la différenciation des cellules basales, tous ces caractères nous permettent d'affirmer Leur fonction glandulaire, d'où le nom de glandes vésiculaires qui leur est donné par certains histologistes.

L'ampoule du canal déférent présente une structure toute différente de celle du reste du conduit. Les spermatozoïdes s'accumulent dans ses nombreux culs-de-sac.

Ces conclusions sont corrcborées par celles de plusieurs autres observateurs, de Bonis par exemple, qui reconnait également le rôle sécrétoire des vésicules. Du reste, l’expérimentation est venue confirmer l'observation. Les expériences de Lode, entre autres, sont suffisamment démonstratives.

Si l'on castre unilatéralement un jeune cobaye et si l’on suit le développement de ses vésicules séminales, on les voit se développer de chaque côté normalement et d'une façon symétrique; leur contenu est le même. Comme il n'y à aucune communication possible entre les deux organes, le contenu de l’un d'eux ne peut être formé par l'autre, la sécrétion dans la vésicule du côté castré s'est donc formée dans son intimité même.

Ce fait prouve clairement l'indépendance des sécrétions vésiculaires et testiculaires.

D'autre part, la quantité de spermatozoïdes trouvés dans les vésicules chez l'homme et les animaux est inconstante et insignifiante. On doit donc considérer leur présence comme une exception — fréquente peut-être — mais non comme une règle.

Quel est donc le rôle de ces glandes vésiculaires puisque ce ne sont pas des réservoirs destinés à conserver les spermatozoïdes ?

Steinach montra, en 1894, que l'extirpation des vésicules laissait intact l'instinct sexuel mais diminuait considérablement le pouvoir reproducteur. Il prétendit, en outre, que les spermatozoïdes n'acquerraient leur pouvoir fécondant que grâce au mélange avec les sécrétions des glandes génitales accessoires.

Camus et Gley, en 1897, puis lvanoff, en 1900, recherchèrent si les sécrétions étaient indispensables pour la fécondation; leurs résultats contredirent ceux de Steinach. [vanoff réussit, en effet, à féconder des lapins avec du sperme pris dans l'épididyme ; les produits de conception arrivèrent à terme et furent expulsés. Toutefois, ils ne vécurent pas longtemps. Les sécré-

tions des glandes annexes ne sont donc pas absolument indispensables à la fécondation, mais leur rôle n’en est pas moins très utile. [vanoff pense qu'elles doivent agir en augmentant la masse du sperme de façon à permettre aux spermatozoïdes d'atteindre les profondeurs des organes femelles. Pour Limon, les sécrétions vésiculaire et ampullaire assureraient la nutrition des zoospermes.

La question n’est donc pas encore résolue.

Nous avons jusqu'ici laissé de côté dans cette revue anatomofhysiologique l'élaboration même des spermatozoïdes. Les phénomènes complexes qui se passent au niveau de l'épithélium des canalicules méritent cependant d’attirer notre attention. Les cellules de la lignée séminale subissent depuis la spermatogonie mère Jusqu'au spermatozoïde mûr une série de transformations qui se reÿroduisent avec une régularité admirable. L'étude de cette évolution chez Le rat — animal où elle est le mieux connue — a permis de penser que le temps nécessaire pour l'achèvement du spermatozoïde et la durée relative de chaque génération cellulaire sont constamment égaux à euxmêmes. Les récents travaux (1) de M. le professeur Regaud {de Lyon) ont apporté un jour tout nouveau sur la question. Par l'étude du testicule ræntgénisé, il a pu établir que la fabrication des spermatozoïdes est continue et même mesurer la durée absolue de l’évolution de chaque lignée.

M. Regaud fait agir les rayons X sur le testicule du rat de façon à le stériliser complètement en employant une technique telle que l'effet produit soit homogène dans toute l’épaisseur de l'organe. Il constate alors Les faits suivants. Le syncytium nourricier est intact, les spermatogonies souches sont tuées, les cellules appartenant aux générations postérieures continuent à vivre. Par conséquent, il ne pourra plus se former de nouvelle lignée, mais Les éléments déjà formés vont continuer à vivre et à se développer comme si la rœntgénisation n'avait pas eu lieu.

(1) CI. Regaud, Comple rendus de l'Associalion des analomisles, 13° réunion. Paris, KI

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Peu à peu on voit disparaître les formes les plus anciennes qui ont donné naissance aux formes plus âgées, les auxocytes disparaissent d'abord puis les préspermatides, puis les spermies; enfin, au bout d’un nombre de jours suffisant, on ne trouve plus que des spermatozoïdes mûrs.

Par conséquent, le temps qui s’écoulera entre la ræœntgénisation et l'achèvement des derniers spermatozoïdes mesurera la durée absolue de l'évolution d’une lignée. Ce temps a été trouvé égal à trente jours en moyenne. Il est probable que cette vitesse du mouvement spermatogénétique n'est pas constante et subit des variations en rapport avec la continence de l'individu, son excitation sensuelle, sa cohabitation avec des femelles. Cette hypothèse est à vérifier.

Des expériences de rœntgénisation ont été effectuées chez d'autres mammifères: chien, chat, bélier, lapin, cobaye, souris, chez tous on a trouvé une vitesse de spermatogénèse analogue à celle du rat.

De plus, chez ces mammifères, l'aspect de l’épithélium séminal est toujours le même, quelle que soit l'époque de l’année où on l’étudie; au contraire, chez les animaux hibernants, comme la marmotte et le hérisson, on observe d'importantes variations. Le tube séminifère est à peu près vide, la lignée séminale inactive durant les périodes de sommeil, mais dès que l'activité fonctionnelle reprend, on voit une abondante floraison cellulaire s'épanouir au niveau de l’épithélium.

Chez les animaux de la première catégorie, nous sommes bien obligé d'admettre la continuité de la spermatogénèse, malgré la discontinuité de l’utilisation de ses produits, malgré les intervalles parfois fort longs (chien, chat, bélier) entre les accouplements. Cela ressort clairement des expériences de M. Regaud. Il donne en effet une comparaison qui le fait bien comprendre : « Supposons, dit-il, un réservoir d’eau, muni » d’un orifice d'entrée et d’un orifice de sortie invisibles exté- » rieurement. Le réservoir étant plein et l'équilibre étant » établi entre l'entrée et la sortie de l’eau, un observateur, » ignorant l'état des orifices, ne peut pas savoir, par la simple

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