‹ La continence est-elle nuisible ?Chapitre 25 sur 30 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

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M. B.., négociant, 28 ans, a eu dès 16 ans des pollutions pendant six ans, à raison de trois à quatre par semaine et souvent plusieurs en une nuit, ces dernières années deux à trois par semaine. Il con-

sulta, à l'âge de 19 ans, un médecin croyant qui lui prescrivit une nourriture légère et déclara que des pollutions trois fois par semaine ne signifiaient rien et que la continence ne pouvait lui nuire, l'exhortant à conserver la paix de sa conscience en ne cédant pas à la tentation de se livrer à des relations sexuelles. Le malade suivit ce conseil et considère qu'il lui doil la perte de la santé. Il à toujours vécu dans la continence, à l'exception de deux fois à l’âge de 20 ans et ensuite quelquefois avec des intervalles de quelques années, la dernière fois à l’âge de 25 ans. Le coïl était cependant incomplet : trop faible érection et éjaculation trop rapide. Pendant ses fiançailles qui durèrent trois ans à partir de la vingl-cinquième année, il éprouvait toujours une forte excitation sexuelle quand il se trouvait en compagnie de sa fiancée, ce qui arrivait deux fois par an, avec pertes séminales pendant qu'il faisait sa cour. Il souffrait d'insomnie, de crampe du rectum, douleurs aux Lesticules et au dos, de diminution de la faculté

de travailler ; il était sombre d'humeur et nerveux et ne pouvait sou-

vent se tenir en place, symplômes de maladie qu'il sentait provenir de la continence (1).

Les désirs furent réprimés au moyen de bains de siège froids et de bromure de potassium. Lorsqu'il eut été marié huit mois, il me raconta ce qui suit : « D'après ce que je comprends de mon état de santé, mon corps et mes nerfs sont trop épuisés et atones pour tirer quelque influence avantageuse de mon mariage. Une ou deux relations sexuelles par semaine suffisent pour produire l'insomnie et une grande nervosité. Les quatre premiers mois, je pratiquais le coït au moins une fois tous les deux jours, maintenant une ou deux fois par

semaine ».

« IL est évident, ajoute le D' Nystrôm, que la continence avait amené une telle irritabilité sexuelle qu'il en était venu à pratiquer trop souvent le coït, ou bien un épuisement, une telle atonie que les relations sexuelles ne pouvaient plus avoir l'effet salutaire qu'elles auraient eu sans cela. La modération, d’une part, et des fortifiants, d'autre part, eurent cependant bientôt un effet favorable ».

Ce qui nous paraît encore plus évident, c’est que nous avons affaire à un névropathe avant et en dehors de la continence, comme en témoigne le début de son histoire, les maux dont il se plaint et ses déclarations mêmes.

OBSERVATION VII (résumée).

Caffort cite le cas d'un jeuue homme de 18 ans qui se destinait à la prêtrise; il vivait dans la conlinence, se distinguait par une piété ascélique et un zèle extrême pour ses études. Cependant, il ne tarda pas à remarquer que tous ses efforts élaient en pure perte; il ne pouvait se rappeler ce qu'il apprenait, souffrait de maux de tête continuels et d'une grande fatigue dans les jambes; enfin, l'appétit disparut et un malaise général s'empara de lui. Il eut des pollutions de

(1) C'est nous qui soulignons dans ces six premitres observalions.

plus en plus fréquentes, puis de la rétention d'urine. Un médecin lui recommanda de renoncer à la prêtrise, de faire de la gymnastique et de vivre moins en ascète. Il suivit ce conseil et, au bout de six mois, fut presque tout à fait rétabli.

Souffrir du fait de la continence à 18 ans, c'est-à-dire à peine arrivé à l'âge adulte, est assez surprenant, à moins que le sujet en question ne présente un cas de précocité génésique; mais alors c'est un malade originairement et nous n'avons pas à nous enæ#ccuper. Au reste, dans cette observation, il est vraisemblable que le travail assidu a dû produire une grande fatigue et alors la guérison par un changement de vie n'aurait rien d'étonnant. On n’est donc nullement autorisé ici à incriminer la continence.

Beard cite les cas suivants dans la Neurasthénie sexuelle :

OBseRvATION VIII

Un homme de 4 ans qui avait pris l'habitude de se masturber à l’âge de 16 ans, mais qui s'en était corrigé au bout de quelques années en nouant des relations sexuelles avec des femmes, observa ensuite une continence complète pendant vingt ans. Il eut quelquefois, dans ce laps de temps, des pollutions qui cessèrent bientôt. Quelquefois, le sperme se perdait avec les selles. Les symptômes nerveux étaient très prononcés et il était d'une irritabilité tout à fait anormale. Ayant l'intention de se marier, il vint consulter le professeur Beard et, après avoir été traité par l'électricité, le cathétérisme de l'urèthre, la strichnine, etc., son état s'améliora et il put se

marier.

OBSERVATION IX Un médecin, âgé de 40 ans, avait perdu sa femme sept ans aupa-

ravant et ne s'était pas remarié. Avant d'être marié, il avait eu des

pollutions qui recommencèrent quand il fut veuf et, dès lors, il souf-

EG

frit de neurasthénie au plus haut degré. Il consulla Beard. Les symptômes nerveux dont il souffrait étaient surtout des douleurs dans Ja partie supérieure du dos et dans les épaules, une dépression mentale et des douleurs qui ressemblent à celles de l'ataxie. La vessie était d'une grande sensibilité, de telle facon qu'il lui suffisait de tremper les mains dans l'eau pour qu'il fût pris d'une envie immédiate d'uriner, ce qui arrivait, du reste, au moindre échauffement. L'urèthre élait très sensible. De caractère déprimé, le patient se laissait facilement abattre par le travail physique ou intellectuel.

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