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La contre-Révolution dans le Midi, 1790-1798

La Révolution Française fut une tragédie aux multiples actes divers. Il serait vain d*en vouloir, d*un seul mouvement, embrasser et les causes et le développement, et la fin apparente sur la scène de THistoire. Une telle synthèse, quelque vaste qu'elle soit, laissera toujours dans l'ombre certains épisodes dont Texposition contribuerait à faire naître une certitude.

Le travail d'exposition générale est fait depuis longtemps. Nous possédons des tomes imposants sur des thèmes étendus. Il s'en dégageait, il y a peu de temps encore, une atmosphère tendancieuse.

Le jeu de la lumière et de l'ombre, mal réglé à dessein, projetait sur les personnages de premier plan comme les Danton, les Desmoulins, les Robespierre, les Mirabeau, une auréole de gloire qui nous aveuglait. Ils semblaient grandir à nos yeux. C'étaient des demi-dieux.

Or, Taine ayant montré aux jeunes générations le chemin des archives, ouvert d'un doigt sûr les dossiers p)articuliers, nous nous aperçûmes de notre erreur. Ces géants avaient des misères et des faiblesses inhérentes à tout représentant de l'Humanité. Les mémoires dépouillés, on reconnut que, seul, l'esprit de parti pouvait les vénérer. Leurs correspondances, divulguées, nous les livrèrent dans l'intimité de leurs passions. Une recherche saine les dépouillait de tout artifice. On les mesurait à l'aune commune aux êtres humains.

Leurs actes ne s'écartent point de la mesure de tout démagogue déchaîné. Les vrais géants, ce ne sont pas eux : ce sont ceux qui se dressaient sur leurs pas pour les abattre !

Ainsi, on a été mal renseigné jusqu'au milieu du XIX* siècle. Mais, il est des instants où le mirage se dissipe, où la vertu reprend son éclat, où les méchants, confondus, soutiennent à peine l'horreur de leur mémoire. On croyait voir d'éminents somonets jalonner une route noble. Nos pères pouvaient-ils imaginer qu'il y en eut de plus élevés ?

Ils S€ berçaient au spectacle de Tunité révolutionnaire. Juges imprudents dont la religion était mal éclairée !

Cette façade était de carton, comme ces villes fantômes qu'on élevait sur le passage d'un tyran asiatique pour lui faire croire à la prospérité du pays. Point d'accord, mais des luttes acharnées entre le pouvoir déchu et celui qui prétendait le remplacer. Point d'unanimité aux cœurs des Français, mais des querelles de partisans. Là des batailles rangées entre des armées équip>ées, plus loin des conspirations sans cesse renaissantes. Nulle part acquiescement, partout des résistances.

A mesure que la Révolution s'accomplissait, ces mouvements prenaient de jour en jour plus d'ampleur. Danton invectivait : «Le métal bouillonne, si vous ne surveillez la fusion, vous serez tous brûlés ».

On cherchait des mesures contre les récalcitrants. On menaçait à tort et à travers en brandissant le glaive des lois. Les suspects s'inventaient. La haine dégorgeait sa lie. Et voici que, sur le ciel rouge se profilait la silhouette d'un instrument de répression qui se dressera en permanence dans la plupart des villes de France : la guillotine.

Non, la Révolution ne fut pas acceptée comme un état de choses^ définitif. C'est que le retour à

Vage d'or que promettaient — porophètes imprudents — les philosophes, n*eut pas lieu. Au contraire, les choses allaient de mal en pis.

Ce siècle était malheureusement trop fertile en réformateurs politiques qui se hâtaient de démolir un édifice irrégulier, sans avoir ni les talents, ni les matériaux nécessaires pour le reconstruire sur un plan mieux ordonné. Après le 14 juillet 1789, l'ambassadeur de la République de Venise écrivait à ses commettants : « Une anarchie horrible est le premier fruit de la régénération qu*on veut faire subir à la France. Il n'y a plus ni pouvoir exécutif, ni lois, ni magistrats, ni police ».

Dans ces conditions, beaucoup de citoyens, dans les villes et dans les campagnes, se demandaient s'il ne valait pas mieux s'attacher à l'ancienne légalité. Les réactions du sentiment public contre la dégradation de la morale, le galvaudage de l'autorité, la tyrannie de la passion, furent nombreuses. Elles sont demeurées peu connues.

C'est qu'elles furent le fait d'une élite. La masse les observa, espéra, mais, pour son malheur, ne bougea pas. Elle en devait être cruellement punie.

Celui qui tolère l'iniquité la commet. Quiconque se délecte dans la passivité de son caractère, au moment où l'ordre social croule à grand bruit, devient un complice de sa ruine. S'il demeure

sourd à rinfortime, s'il dédaigne T action salvatrice, il sera justement atteint à son tour. Le crime, n'ayant point été empêché, se développera sans obstacle. Brisé sans retour, le philosophe jettera vers le ciel des plaintes amères absorbées par les échos indifférents.

Les individus de cette sorte, violentés dans leur domicile, leurs intérêts, leurs familles, totalement privés des jouissances que procure la liberté, vécurent cependant sans tenter de changer leur sort. Leurs réflexions mettaient en parallèle l'horreur de leur position et le souvenir du bien-être passé. Ils subissaient des excès avilissants sans réagir. Ce phénomène, que l'imagination a peine à concevoir, mais que tant de révolutions ont permis de constater, explique les funestes effets d'un pouvoir dévorant agissant sur une multitude impassible.

Les tourmenteurs ne souffraient point que leurs victimes offrissent à leurs coups des visages calmes et des âmes sereines. Plus cruels envers leurs semblables que nous ne le sommes envers les animaux, ils chassaient par leurs menaces le repos de leurs cœurs, et peuplaient leur captivité de fantômes et de fausses nouvelles. Ils faisaient précéder leurs crimes d'une agonie morale entretenue par des images funèbres. Les créatures vouées à l'holocauste étaient hantées par leurs inventions exécrables.

Non contents d'anéantir les vies, les membres du Comité de Saillit Public tuaient auparavant l'innocence dans la conscience des enfants, la pudeur dans le sentiment des mères, la virilité dans le caractère des hommes.

C'étaient des caricatures d'humanité qui s'offraient ensuite au bourreau. Les maisons d'arrêts devenaient des réceptacles de moribonds. Ceux qui en sortaient ne faisaient que changer de tombeau.

Les ripostes des Comités de Salut Public et de Sûreté Générale aux oppositions provinciales, furent aussi vives que les attaques de ces dernières. Les auteurs de ces mouvements se virent atteints comme le faucheur couche, les uns sur les autres, les épis mûrs.

Pour réussir, il leur manquait la cohésion. Pour être puissants, il faut que les membres d'un corps soient étroitements reliés. Un rapide coup d'oeil sur l'aspect des départements à cette époque nous convaincra de la bienfaisance d'une direction unique, qui ne vint pas.

Le Midi battait le rappel des fidèles. Autour du Vivarais qui, par sa conformation et les ressources de son sol, était le noyau de la résistance, d'autres contrées s'organisaient. Elles répondaient à l'ajppeil des chefs ardéchois. Les ardeurs s'échauffaient au rythme du chant des cigales. On courait

aux armes. Laissant tout, récoltes et foyers, les hommes se liguaient pour chasser la terreur qui les oppressait ; les troubles de Nîmes sont connus. Un ancien page du roi, Descombié, y présidait. On en vint difficilement à bout.

En Lozère, le notaire Charrier méditait un plan de campagne. Cahiès de Gerville dénonçait à l'Assemblée Nationalle les Chiffonnistes d* Arles, suspects de réaction, dont la turbulence s'accentuait. Le Comtat était peu sûr. Avignon subissait Jouve dit Jourdan, — Jourdan Coupe-Têtes, l'ancien palefrenier de Launay, gouverneur de la Bastille, — qui mettait péniblement la ville à la raison.

A Tulle, à Uzerche, on signalait des bagarres entre les habitants et les troupes du Directoire départemental. A Montpellier, à Uzès, Alais, Mende, Lunel, les royalistes s'unissaient. En avril 1791, Yssingeaux sonnait à ses beffrois l'appel tragique des Pâques auvergnates.

Nous aurons l'occasion de reparler de ces mouvements.

Bordeaux hésitait. Il ne savait s'il devait se ranger aux côtés de la Convention ou s'insurger pour venger ses représentants Girondins égorgés. On lui enverra Tallien et Ysabeau pour le décider.

Portons nos regards sur tout autre point de la France : le spectacle est le même. Avançons avec le temps.

En Normaiidie, les campagnes encore frémissantes des éclats de la voix du marquis de la Rouerie, n*avaient rien perdu de leur combativité. Caen et plusieurs villes de T Ouest ne reconnaissaient pîus la Convention. Cette ancienne cité prit la tête du mouvement fédéraliste avec Chaumont, maire, et Gardembas, notable. Elle applaudissait avec les autres aux efforts tentés par Charette et ses amis pour la délivrance du jeune roi Louis XVII, que iles représentants de la Convention ne consentiront à remettre aux Vendéens, par le traité de la Jaunaie, le 27 janvier 1795, que parce qu'ils savaient que la Convention aurait bientôt fait un cadavre de ce prisonnier de dix ans.

Même agitation dans les autres contrées.

Pbélippeaux parcourait le Centre de la France en prêchant, comme Pierre T Ermite, une croisade. Il y organisait une « Petite Vendée ».

Huit jours durant, la ville de Santerre appartiendra aux royalistes. Pour les en chasser, le général Desenfants devra en 1796 intervenir vigoureusement.

Lyon, mettant hors la loi les députés montagnards, attirait à lui les éléments fidèles du Bourbonnais. Louis Praire, maire de Saint- Etienne, Demeaux, notable de Montbrisson, Anne Merle, maire de Mâcon, et combien d'autres, se

réfugiaient dans son sein. « Nous résisterons à l'oppression ou nous périrons tous, clamaient-ils. Nous voulons être libres et nous le serons (i) ». A l'abri de hautes murailles, ils défiaient Paris délirant.

Toulon invoquait le Dauphin, et Marseille, s*organisant en camp retranché, forçait le général Carteaux à mettre le siège devant ses portes.

La Vendée devenait formidable, Robespierre disait que c'était un chancre dont les ravages s'étendaient chaque jour.

Mais qui donc inspira cet élan irrésistible? Où sonnèrent les premiers appels?... Au pied des Cévennes, montagnes altières qui frapypent les voyageurs d'un trouble obscur ! Cette tâche incombait aux hommes du Vivarais.

Ils choisirent comme lieu dé réunion la vallée de Jalès, si jolie, qu'arrose une rivière tributaire de l'Ardèche, le Granzon, dont les eaux capricieuses s'acheminent vers le Rhône. Des roches brunes en accrochent le cours et dispersent une poussière irisée dans l'atmosphère rafraîchie.

(i) Lettre de Jean-Marie Bernarni, négociant lyonnais, écrite le 18 juillet 1793, à Dubois-Crancé et Louis Albitte.

Contrée aux noms vibrants comme le froissement d*une lame, appelée par sa position à devenir le réceptacle de toutes les forces contre-révolutionnaires du Midi.

La valée de Jalès, perdue parmi de sourcilleux sommets, est un point stratégique dont l'importance n'échappa à personne. Elle s'étend de l'Ouest à l'Est, sur quatre kilomètres. Sa longueur égale la moitié de cette distance.

L*un de ses versants est couronné par un amas de roches d'où surgissent des végétaux tourmentés, comme s 'élevant à grand 'peine vers le ciel : c'est le labyrinthe de Païolive. Les pentes abruptes sillonnées par les eaux, sont rayées de rouge et semées de blocs en équilibre sur une base si étroite que leur présence au milieu des érables d'argent et des buissons de mûriers odoriférants, est un miracle. Sous les pieds s'étend un monde souterrain de cavernes que les convulsions de la terre ont enfanté aux premiers âges de la création. Enfin, de tous côtés, la pierre et le bois s'allient pour écraser le visiteur de cet empire fabuleux.

Les Romains avaient installé là, avec le sens précis qu'ils avaient des emplacements militaires, une Castra Stativa où les légions tenaient garnison en temps de paix. On rencontre encore de ces camps désertés où l'herbe et les épines recou-

vrent maiiiteiiaiit T endroit où s'élevait la tente de César. La nature a repris ses droits, et sa végétation pousse de tous côtés des rameaux dont Tombre évoque Toubli.

Maintenant, les échos répètent les chants des pastours et vont se traînant à travers les montagnes, auxquelles la disparition partielle des forêts qui les revêtaient a donné la lèpre.

Ces improvisations font penser aux canzonettes fredonnées en Itdie par des amoureux de carrefours, pendant les nuits transparentes du mois fleuri de la Madone. La spontanéité musicale des hommes du peuple suscite de délicats chefs-d'œuvre. C'est en chantant leurs réveillés qu'ils animent l'image éternelle de leur pays.

Certains jours du mois de juillet 1790, au crépuscule, quand le ciel se chiffonne comme une soierie de boudoir, on pouvait voir des groupes s'acheminer vers le château de Banne.

Cette vieille demeure, délaissée par la famille du Roure, abritait sous ses voûtes des réunions mystérieuses. On la disait habitée par des inconnus qui y circulaient sans bruit.

La porte s'entr' ouvrait parfois pour laisser passer passer un homme enveloppé d'un manteau.

Ce visiteur se trouvait alors eu face d*uu être qui paraissait sortir d'une niche de pierre pratiquée dans la voûte.

Dans l'ombre, on distinguait mal le gardien, qui se tenait immobile, attendant le mot de passe. La moitié de son visage était couverte par une barbe longue et épaisse. Il était vêtu d'une souquenille rapiécée, d'où il tirait de lourdes clés lorsque le nouveau venu avait produit l'invitation qui l'amenait.

Il se mettait en devoir de le précéder pour lui montrer le chemin du lieu de rassemblée. On s'apercevait alors qu'il avait un pilon à la place de la jambe gauche, restée sans doute sur un champ de bataille.

Dans une salle vide et sonore, dont on avait clos les ouvertures par des tentures, àe^ hommes étaient assis en cercle autour d'une table monumentale. Une torche brûlait dans un angle, projetant sur cette scène des lueurs sauvages.

Il y avait là Claude Allier, curé de Chambonas, et ses frères Charles et Dominique — ce dernier, un beau gars d'une trentaine d'années, bâti tout en muscles, Perrochon, ancien magistrat Pelet, un contrebandier qui alliait la bonne humeur au courage ; d'autres encore. Un peu à l'écart, l'abbé de Siran, vicaire général de Mende et le chevalier de Borel se causaient à voix basse. Ils avaient été délégués par le département de la Lozère.

Mais la porte résonnait sous de nouveaux coups. Fontanieu, dit la Jambe de Bois, introduisait les arrivants.

C'étaient le lieutenant de Robiac, du régiment de Penthièvre ; un ancien gendarme, de Malbosc, devenu maire de Berrias ; Crégut ; Bastide de la Molette, chanoine d'Uzès. Ce dernier s'intitulera lieutenant général de l'armée en formation.

A cette phalange déterminée, vinrent plus tard se joindre six gardes du Corps, originaires de l'Ardèche, des maires, des officiers des départements voisins.

Au bout de peu de temps, la liaison avec les princes émigrés fut établie par l'Assemblée. Elle ne devait plu^ cesser. Régulièrement, des courriers partaient pour Turin, où étaient massés les nobles desquels on attendait le secours.

On mobilisait dans les campagnes. Des émissaires allaient de hameau en hameau secouer les courages paralysés par la crainte d'un avenir rigoureux.

L'austère abri de Banne prenait ainsi des allures de quartier général. On y élaborait des plans de campagne. L'avenir nous dira si on avait la possibilité de les mettre à exécution.

Pendant ce temps, à Paris, les événements marchaient.

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Six mois auparavant, Louis XVI s'était présenté à r Assemblée Nationale pour l'inviter à joindre ses efforts aux siens afin d'éclairer sur ses véritables intérêts le peuple qu'on égarait, a L'autorité, disait-il, n'est que le droit de gouverner, et gouverner ce n'est pas jouir, c'est faire jouir les autres ». ^

Mais déjà, à l'instar de ces cent vingt députés loyalistes qui, en octobre 1789, se retirèrent, estimant qu'ils n'étaient plus libres dans leurs délibérations, le roi n'avait plus de prérogatives. La Révolution ne voulait pas encore supprimer ce monarque, parce que les esprits n'étaient pas suffisamment préparés à cette épouvantable alternative, mais elle n'attendait que l'occasion favorable. Peu à peu, elle le dépossédait de ses avantages les plus minimes. Elle nivelait les lois de préséance pour détruire autour de lui le prestige du trône. Tout d'abord, l'Assemblée Nationale se déclara supérieure au roi (i). La Législative ôtera le dais qui surmontait son fauteuil (2)...

Il est constant qu'un projet d'assassinat contre le roi existait à ce moment. On imprimait une brochure intitulée : Ouvrez donc les yeux, qui montrait le danger que couraient les jours du souverain en cas d'insurrection.

(i) Motion Audoin.

(2) Motion Goutre.

On eut l'idée en février 1790 de mettre le chef de l'Etat à l'abri, en le plaçant au milieu de troupes restées inaccessibles à la désobéissance. Bouille commandait ces soldats à Metz. C'étaient des éléments sains. Le succès de cette marche sur Varennes était alors parfaitement possible ; seul, le temps perdu obligera à la transformer en fuite. On en parlait alors ouvertement à la Cour. L'évêque de Chalons-sur-Mame, Jules de Clermont- Tonuerre, était dans le secret. Il devait recueillir les voyageurs à leur passage.

Le comte de Provence avait tout arrangé pour cette fuite, de concert avec un chevalier de Saint- Louis, le marquis Thomas Mahy de Favras, quand celui-ci fut arrêté subrepticement un soir, au coin d'une rue. Il était l'auteur d' Ouvrez donc les yeux y qui avait été répandu abondamment. On lui prêta des projets sanguinaires qui étaient certainement restés en dehors de sa pensée.

L'Assemblée Nationale prit peur. De la rue montaient des clameurs qui lui dictaient sa conduite. Elle délibérait sous la menace des piques. Les magistrats du Châtelet eurent peur aussi. Favras, abandonné de tous, fut pendu en place de Grève.

On a blâmé la fuite de Louis XVI, on a flétri ses dérobades. C'est ainsi que lorsque les mots perdent leur sens, on ne peut plus rien apprécier. Veut-on des précédents à Varennes? On en trou-

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vera dans Fattitude.de Charles V, lorsque celui-ci, dauphin, fuyant Paris révolté et livré aux déprédations de la Jacquerie, se réfugia à Meaux.

Citons aussi le jeune Louis XIV, reculant jusqu'à Bourges devant la poussée de la Fronde victorieuse, avec sa mère, son ministre Mazarin, toute la cour.

Plus près de nous, conçoit-on, en 187 1, un gouvernement qui eut délibéré insoucieusement à THôtel-de- Ville, pendant que les faubourgs s'insurgeaient pour la Commune?

Le temps favorable ne fut malheureusement pas mis à profit. La Cour se laissa prendre à la comédie sacrilège de la Fête de la Fédération (14 juillet 1790), qui devait sceller la réconciliation entre la royauté et la populace. Seule, ou presque, parmi les conseillers du Roi, Madame Elisabeth, sœur de Louis XVI, comprenait la gravité des événements; s 'efforçant d'ouvrir les yeux à ses parents, elle écrivait : « Nous sommes perdus si le roi n'adopte pas une attitude énergique! »

C'est au milieu de cette confusion que M. de Malbosc réunit, le 18 août 1790, les Gardes Nationales du Vivarais en assemblée. Nous avons vu qu'il choisit pour cela le lieu le plus propice.

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