OUVERTURE DU CONCILE
considérable, se voyaient accueillis avec grande amabilité par le jeune baron Louis Madruzzo, auquel son oncle, le cardinal Christophe Madruzzo, bien connu de nos lecteurs par sa participation à la première réunion du synode, avait cédé Tévêché de Trente, et que le pape venait de revêtir également de la dignité de cardinal.
En attendant la venue des prélats espagnols et autres, on ajourna les séances àjjuoLtemps indéfini et on s occupa, pendant les mois de Tété et de l'automne, de petits démêlés sur le rang et Tordre des différents prélats, sur les costumes que les évêques auraient à porter et sur d'autres mesures d'étiquette. Vers la fin de Tannée, Tassemblée était déjà fort nombreuse, mais il n'y avait "encore personne de la France ni de l'Allemagne. L'empereur, toujours optimiste dans ses espérances de réussir auprès des Allemands, avait obtenu pour quelques semaines l'ajournement ultérieur des délibérations Mais à la fin le pape perdit patience. La situation en France devenait de plus en plus menaçante pour l'Eglise catholique. L'assemblée du clergé de France, les vœux de réforme radicale qu'elle venait d'émettre, le colloque de Poissy joint à cette assemblée, son résultat très favorable aux huguenots — tout cela remplit le pape de terreur. Il était grandement temps de faire parler la représentation officielle de l'Eglise entière Q). Après s'être concerté avec les légats, il fixa au 18 janvier 1562 la première session du concile renouvelé.
(') Acta MassarelU; Thsiner, t. I, p. 671. »— Instruction pour M. de 'Lisle, ambassadeur français à Rome, 24 octobre 1561 ; Le Plat, t. IV, p. 728.