‹ La contre-révolution religieuse au XVIe siècleChapitre 24 sur 215 · LES THÉATINS · texte numérisé non relu

LES THÉATINS

revêtus de prélatures. On appela bientôt la congrégation le séminaire cTévèques.

Le compagnon de Gaétan de Thicne, Boniface da Colle, était noble comme lui ; noble aussi était un Romain qui, le quatrième, se joignit à eux: Paul Consiglieri. Ces quatre fondateurs obtinrent de Clément VII, le 24 juin 1524, un bref pontifical qui approuva leur institut, lui accorda les privilèges des Chanoines réguliers du Latran, les plaça directement sous la protection du saint-siége et leur permit d'élire un prévôt dont le pouvoir toutefois ne durerait que trois ans. Immédiatement, les quatre se défirent de toutes leurs propriétés et de tous leurs revenus, chose méritoire surtout de la part de Caraffa qui, outre sa fortune personnelle fort considérable, jouissait encore de nombreux et riches bénéfices ecclésiastiques. II était tellement Tâme de la nouvelle congrégation, que, sur la demande de Gaétan lui-même, il fut élu son premier prévôt; et d'après son titre d'évéque Théatiriy on appela la compagnie entière les Théatins. Elle s'établit dans une petite maison du Champ de Mars, et plus tard sur le Monte Pincio à Rome. Bientôt après la fondation, trente membres de l'Oratoire de l'Amour divin demandèrent d'y être reçus, mais ils furent éconduits poliment. En effet, les Théatins, dès l'origine, se sentaient tellement aristocratiques qu'ils adoptèrent un vêtement qui imitait, quoique d'une manière plus simple, celui d'un évêque. Cette union étroite de l'extrême pauvreté et de l'ambition nobiliaire distingue la congrégation des Théatins: et ce caractère lui est venu de Caraffa, et non de l'humble et modeste Gaétan de Thicne.

Par suite des institutions mêmes des Théatins, leur

influence ne put se faire sentir qu'assez lentement et dans un cercle relativement restreint : dans le seul pays d'Italie. Ils y combattaient les hérésies, ils y formaient un certain nombre d'évêques capables et dignes, ils y donnaient par leur abnégation et leur zèle religieux un exemple salutaire — mais tout cela n'avait qu'une importance secondaire. Toute autre, et bien plus considérable fut l'influence d'un ordre qui, empruntant aux Théatins quelques-uns de leurs cotés caractéristiques, eut cependant, dès son origine, des visées bien plus vastes, j)lus ambitieuses et plus pratiques encore : Tordre des jésuites.

Disons d'abord que cette congrégation de clercs réguliers, les Théatins, avait été bientôt imitée par d'autres compagnies semblables. La plus connue parmi elles est celle des Barnabites ou Clercs réguliers de Sl-Paul. Elle fut fondée vers 1530 par Antoine-Marie Zacharie de Crémone et deux Milanais, Ferrari et Morigia, et approuvée en 1533 par Clément VII. Zacharie devint leur premier prévôt. Les Barnabites, ainsi appelés d'après l'église de St-Barnabé qu'ils possédaient à Milan, poursuivaient le même but que les Théatins, mais d'une manière plus démocratique. Ils s'humiliaient profondément en public, et cherchaient surtout à convertir les incertains et les infidèles. Répandus plus tard dans l'Italie entière, en France et en Bohême, leurs collèges ont fait beaucoup pour ramener au sein de l'Eglise des milliers d'hérétiques.

Moins importants sont les clercs réguliers SominasqneSy fondés vers 1528 à Somniasque, village entre Milan et Bergame. Ils se destinaient principalement à l'éducation

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