Matthieu, xxvi, 65. — Marc, xiv, 53. — Luc, xxii
L'opinion de Renan supprime tout cela d'un souffle : « On ne saurait douter! » dit-il. Comprenez-vous pourquoi il a pris la précaution de nous dire dès son introduction qu'il rejette les discours que saint Jean prête à Jésus?
C'est que l'Évangile de Jean n'est que TÉpiphanie permanente de la Divinité da Christ; c'est que chaque ligne de son livre est une fenêtre ouverte sur l'infini et que toute la gloire du Verbe y pénètre.
« Je n'ai écrit cet Évangile, dit Jean, qu'afin que vous sachiez que Jésus est le Fils du Dieu vivant venu en ce monde. » Et Renan le rejette pour cette raison même, <( parce que, dit-il, TÉvangile de Jean montre sans cesse les préoccupations de l'Apologiste, l'intention de prouver sa thèse et de convaincre ses adversaires^ ». Étrange raison qui nie la valeur des moyens dès qu'ils sont ordonnés à une fin; rejetant les remèdes du médecin dès lors qu'ils prétendent guérir, les arguments du défenseur dès lors qu'ils prétendent convaincre , les déclarations de l'amour dès lors qu'elles prétendent persuader. D'après la logique rationaliste, il ne peut donc y avoir de preuves valables que celles que l'auteur déclare ne rien vouloir prouver du tout.