Introd., p. XXIX
Mais que saint Jean se taise! Restent les synoptiques dont la critique admet les dépositions intégrales. Reste « le mot qui frappe et qui porte sa preuve en lui-même^ ». Reste «respèce d'éclat à la fois doux et terrible, la force divine qui souligne les paroles de Jésus, les détache du texte... et leur donne un relief sans pareil^ ».
Le faux témoin se condamne lui-même ; « l'éclat doux et terrible » qui renversa les valets et les sbires au Jardin de Gethsémani à | ce seul mot de Jésus : « C'est moi, » jaillit de tous les témoignages des synoptiques pour foudroyer son mensonge. Réfléchissez, en elTet.
Dieu seul empUt les temps. De son indivisible présent, il commande au passé et à l'avenir. Or Jésus réclame pour lui ce privilège réservé à Dieu. Il déclare qu'à travers les siècles écoulés, il vogue, porté parles aspirations des peuples, les visions des patriarches, les ordonnances des législateurs et les images des Prophètes, tel le vaisseau que mènent infailliblement au port toutes les brises et tous les flots qui soulèvent le vaste Océan!
11 prend possession des siècles futurs, ramasse sur le bord de son lac, à Gésarée, la petite pierre roulée par les eaux galiléennes et la jette contre
t. Strauss.