Vie de Jésus, p. 438. Le doigt du ciel
la haine Favait tué — ce doit être saint Jean, puisque cet apôtre nourrissait une haine particulière contre le malheureux Judas - — calomnièrent sa mort comme ils l'avaient fait de sa vie.
Quant à Jésus, il perdit tout à fait le sens moral, comme on Ta vu. Il ne dut qu'à la mort de ne pas finir honteusement. La conclusion s'impose. Elle est, depuis Renan qui l'a écrite, passée dans les faits : « A bas Jésus, vive Judas ! »
Nous ne pouvons finir sur ce mot; aussi, il me semble que nous nous serons purifié les lèvres et les oreilles par les nobles paroles que je vais vous lire et que j'emprunte aux Méditations d'un protestant sincère et éminent, M. Guizot :
« On peut contester la nature et la puissance surnaturelle de Jésus-Christ; on ne peut pas contester la perfection, la sublimité de ses actions et de ses préceptes, de sa vie, de sa loi morale. Et, en effet, non seulement on ne les conteste pas, mais on les admire, on les célèbre avec affection et complaisance ; on semble vouloir restituer à Jésus-Christ, simple homme, la supériorité qu'on lui enlève en refusant de voir Dieu en lui. Mais alors que d'incohérences, que de contradictions, quelle fausseté, quelle impossibilité morale dans son histoire telle qu'on la raconte! Quelle série d'hypothèses inconciliables
avec les faits qu'on admet! Cet homme parfait et sublime est tour à tour un rêveur ou un charlatan, dupe lui-même et trompeur aux autres : dupe de son exaltation mystique, quand il croit à ses propres miracles, trompeur volontaire, quand il arrange les apparences pour y faire croire. L'histoire de Jésus-Christ n'est plus qu'un tissu de chimères et de mensonges. Et pourtant le héros de cette histoire reste parfait, sublime, incomparable, le plus grand génie et le plus grand cœur entre les hommes, le type de la vertu et de la beauté morale, le chef suprême et légitime de l'humanité »... « quel problème contradictoire et insoluble on élève ainsi à la
place de celui qu'on essaie de supprimer »
« Il faut choisir entre le système et le mystère, entre le roman des hommes et le plan de Dieu • . »
1. Méditations sur Vessence de la Religion chrétienne, pp. 324, 327.
Les Moyens d'action de Jésus