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humaine la semence des vertus que les sages n'avaient point soupçonnées, a vaincu par la faiblesse et la sainteté rendues immortelles, toutes les puissances coalisées.
Mais pour accomplir cette œuvre, il plut à Dieu d'employer un moyen qui lui est réservé : le Miracle. Le miracle est la lettre de créance que l'Envoyé du Ciel présente à la terre ; c'est la signature du maître de toutes choses, le sceau authentique que pose la main du tout-puissant sur les ordres qu'il transmet à ses sujets et sur la légitimité des exigences qu'il manifeste.
En admettant ce moyen, le croyant fait acte de logique ; il établit une proportion entre Teffet et la cause. Il reconnaît que rétablissement du christianisme est <( l'événement capital de l'histoire du monde », il examine les conditions dans lesquelles il s'est produit, et n'y rencontrant rien qui soit explicable par des causes purement humaines, il en conclut à l'intervention de la cause divine.
Il admet en principe le miracle, qui est l'intervention par excellence de la cause divine ; il admet en fait les miracles qui sont certifiés par les historiens officiels de la vie et de l'œuvre du Christ, afin de n'être pas obligé de se heurter à l'existence du plus étrange des miracles, la plus grande chose du monde existant en dehors de toute cause.
Car la vérité de ce dilemme s'impose à tout esprit qui réfléchit : Il est impossible que la religion chrétienne se soit établie sans miracles. Tout nous renseigne, tout nous le prouve. Que si vous rejetez le miracle de ses origines, son existence et sa survivance deviennent alors le plus inexplicable des miracles. C'est l'argument de saint Augustin.
Renan ne se laisse pas intimider par les menaces de la logique. La création de cette grande chose qu'est le christianisme, il ne saurait l'attribuer ni au génie transcendant de Jésus, nous avons vu ce qu'il pense de sa mentalité; ni à la sublimité de ses vertus, nous avons vu ce qu'il pense de sa moralité ; il ne veut pas davantage la rapporter à la puissance divine se manifestant par le miracle.
Il ne peut pas être sans intérêt de rechercher quelles sont « les grandes causes » que réclame un homme de génie pour expliquer « les grandes choses ».
En d'autres termes, quels sont les moyens d'action de Jésus? Voilà la question qui va nous occuper. Sa solution est pleine d'enseignements, et je suis convaincu qu'à la vue des efforts misérables tentés par la pseudo-critique pour substituer aux bases de granit et d'airain qui portent notre foi, le sable mouvant de ses fantaisies,
VOUS répéterez avec satisfaction cette belle parole de Pascal : « En vérité, il est glorieux à la religion d'avoir pour ennemis des hommes si déraisonnables; et leur opposition lui est si peu dangereuse, qu'elle sert, au contraire, à l'établissement des principales vérités qu'elle nous enseigne K »
Renan, on ne saurait assez le répéter, est essentiellement un assimilateur. 11 est le contraire de l'esprit créateur. Il n'invente rien, il répète ; il n'allume rien, il reflète, ou plutôt il décompose le rayon, à la façon du prisme; il éparpille sous les feux changeants de son style, la lumière de l'idée qu'il emprunte, sans en jamais indiquer le foyer, aux génies plus autonomes qui l'ont précédé. Il n'est pas une seule de ses théories qu'on ne puisse affirmer la postiche de quelque thèse depuis longtemps connue et parfois depuis longtemps abandonnée; pas une de ses affirmations qui ne soit le plagiat de cjuelque doctrine plus ou moins surannée des écoles du philosophisme à la d'Holbach ou du rationalisme à la mode hégélienne.