Pensées, U^ partie, art
Toutes ses attaques contre rauthenticité des sources johanniques sont renouvelées de Bretschneider ; toute sa fantasmagorie du caractère de son héros est empruntée aux imaginations délirantes de Salvador, Pierre Leroux, Proudhon; toute sa creuse phraséologie sur le panthéisme, par lequel il prétend remplacer Tincarnation du Acerbe, n^est que la traduction en français du charabia germanique ^ ; et ainsi pour le reste, avec cette petite différence que parfois l'auteur ne se donne plus la peine de démarquer les idées étrangères, en y collant, au passage du Rhin, l'étiquette nationale, et qu'il se contente tout bonnement d'offrir comme de son cru le vin du voisin.
C'est ce que nous allons constater dans l'opposition qu'il fait au miracle, et dans les considérants qu'il énonce.
Tout d'abord, dans la prime jeunesse de son exégèse, Renan avait radicalement nié jusqu'à la possibilité du miracle : « L'essence de la critique est la négation du surnaturel. Qui dit audessus ou en dehors de la nature dans l'ordre des faits dit une contradiction *^. »
1. « La plus haute conscience de Dieu qui ait existé au sein de l'humanité a été celle de Jésus »; — « les manifestations spontanées du Dieu caché au fond de la conscience humaine... » Vie de Jésus, pp. 74, 75, 59.