Vie de Jésus, p. 263-26 i
Et voilà comme quoi ni disette ni famine ne sont désormais à craindre. Cinq pains pour cinq mille hommes sans compter les femmes et les enfants. Avec un peu de sobriété, cela suffit...
S'agit-il enfin de ramener à la vie un mort en pleine putréfaction? Cette fois, la critique triompiie. Mais il est des affirmations d'une telle nature qu'il vaut mieux ne point prendre Todieux de les interpréter. Je me contente de vous lire le récit, en l'émondant des passages qui ne servent à l'écrivain que pour préparer le coup final :
« A la distance où nous sommes, et en présence d'un seul texte, olfrant des traces évidentes d'artifices de composition, il est impossible de décider si, dans le cas présent, tout est fiction ou si un fait réel arrivé à Béthanie servit do base aux bruits répandus...
u Nous pensons qu'il se passa à Béthanie quelque chose (jui fut regardé comme une résurrection. La renommée attribuait déjà à Jésus deux ou trois faits de ce genre. La famille de Béthanie put être amenée presque sans s'en douter à Tacte important qu'on désirait. Jésus y était adoré. Il semble que Lazare était malade, et que ce fut même sur un message des sœurs alarmées que Jésus quitta laPérée. La joie de son arrivée put ramener Lazare à la vie. Peut-être aussi Tardent
désir de fermer la bouche à ceux qui niaient outrageusement la mission divine de leur ami entraîna-t-il ces personnes passionnées au delà de toutes les bornes. Peut-être Lazare, pâle encore de sa maladie, se fit-il entourer de bandelettes comme un mort et enfermer dans son tombeau de famille...
« L'émotion qu'éprouva Jésus près du tombeau de son ami qu'il croyait mort, put être prise par les assistants pour ce trouble, ce frémissement qui accompagnaient les miracles; l'opinion populaire voulant que la vertu divine fût dans l'homme comme un principe épileptique et convulsif. Jésus (toujours dans l'hypothèse cidessus énoncée) désira voir encore une fois celui qu'il avait aimé, et, la pierre ayant été écartée, Lazare sortit avec ses bandelettes et la tête entourée d'un suaire. Cette apparition dut naturellement être regardée par tout le monde comme une résurrection...
« Intimement persuadés que Jésus était thaumaturge, Lazare et ses deux sœurs purent aider un de ses miracles à s'exécuter, comme tant d'hommes pieux qui, convaincus de la vérité de leur religion, ont cherché à triompher de l'obstincition des hommes par des moyens dont ils voyaient bien la faiblesse. L'état de leur conscience était celui des stigmatisées, des convulsionnaires, des
possédées de couvent, entraînées par l'influence du monde où elles vivent et par leur propre croyance à des actes feints. Quant à Jésus^ il n'était pas plus maître que saint Bernard, que saint François d'Assise de modérer Tavidité de la foule et de ses propres disciples pour le merveilleux. La mort, d'ailleurs, allait dans quelques jours lui rendre sa liberté divine, et Tarracher aux fatales nécessités d'un rôle qui chaque jour devenait plus exigeant, plus difficile à soutenir \ »
C'est là le dernier mot des moyens d'action de Jésus. La fourberie de personnes passionnées, convulsionnaires qui organisent une comédie à laquelle tout le monde va être pris, parents, amis, adversaires...
L'imbécillité d'un homme qui se laisse enfermer dans un tombeau et pousse la docilité jusqu'à s'y laisser sentir mauvais, au bout de quatre jours.
L'étonnante bonne volonté « de tout le monde » qui prit « naturellement » cette apparition pour une résurrection.
Enfin, de la part de Jésus une inconscience qui ne lui permettait pas de se rendre compte du rôle qu'on voulait lui faire jouer, une sorte d'épilepsie et de convulsion!... Telles sont a les