Oraison funèbre de la princesse Palatine
dire dans ma première conférence ^ Même en ses attaques, Renan ne fut qu'un plagiaire. Ses insultes n'ont seulement pas le mérite de l'originalité ; son ironie n'est que la grimace atténuée du hideux sourire que la génération actuelle, dédaigneuse de Voltaire, ne cherche même plus « sur ses os décharnés ».
D'ailleurs, il faut lui rendre cette justice : Renan essaie, tant il trouve odieux le rôle qu'il lui fait jouer, de disculper Jésus d'avoir employé des moyens d'action qui suffiraient à déshonorer Têtre le plus vulgaire.
Par un tour de plume incroyable, il fait de son héros une sorte de « médecin malgré lui », je me trompe, de thaumaturge malgré lui. « Jésus dut choisir entre ces deux partis, ou renoncer à sa mission, ou devenir thaumaturge. Car les miracles passaient, à cette époque, pour la marque indispensable du divin et pour le signe des vocations prophétiques 2. »
1. Ce rapprochement m'était venu à moi-même, malgré la réputation de bonhomie libérale que ses adeptes ont essayé de faire à Renan. Voir ma brochure, éditée à l'occasion des fêtes de Tréguier : V Apothéose du Déserteur^ Lecoffre, éditeur.