‹ La contrefaçon du ChristChapitre 36 sur 150 · Inlrod., p. ix · texte numérisé non relu

Inlrod., p. ix

Or, pour le fait qui nous occupe, Renan eût été bien inspiré, avant cV opposer le silence de Josèphe au témoignage formel de Matthieu et de Luc, de relire Baronius, qui prouve que, dans toute son histoire d'Hérode, Josèphe laisse de côté, sans même y faire allusion, une période de neuf ans, et Ton peut ajouter que, sans la révolte de Judas de Galilée qui mit à feu et à sang la Palestine, Josèphe eût également passé sous silence la seconde opération recensitaire, comme il l'a fait pour le dénombrement de Fan

Il eût été bien inspiré de peser les termes de saint Luc qui parle d'un premier recensement, ce qui donne à croire évidemment qu'il y en eut un second. Il eût été bien inspiré, avant de reprendre la thèse de Bolingbrocke et Dumarsais, — car, ici comme ailleurs, Renan n'est qu'un écho, — de relire les témoignages d'hommes dont la valeur mérite de faire contrepoids à Flavius Josèphe.

C'est saint Justin qui discute contre Typhon, savant Juif, par l'argument historique de ce recensement contre lequel celui-ci ne trouve rien à objecter.

C'est TertuUien qui répond aux hérétiques en les renvoyant au registre officiel conservé à Rome de son temps, « témoin très fidèle, dit-il,

dans lequel figure le nom de Jésus, le lieu de sa naissance et de sa famille ' ».

C'est saint Jean Chrysostome qui renvoyait ses auditeurs à ce même livre que tout le monde peut consulter, disait-il, puisqu'il est exposé au contrôle du public ^, Et cela quatre siècles après l'événement.

Renan eût été bien inspiré, en tout cas, ajDrès avoir nié l'existence de ce recensement, de surveiller son besoin de se tendre à lui-même des pièges, et d'empêcher sa plume d'ajouter cette petite note : « Les recensements frappaient beaucoup les Juifs, bouleversaient leurs idées étroites, et l'on s'en souvenait longtemps ^, » Car si saint Luc n'eût été absolument certain du fait qu'il avançait, comment eût-il osé imaginer de toutes pièces un événement qui n'eût pu se produire sans laisser des traces profondes dans la mémoire des hommes pour lesquels il écrivait?

C'est vraiment supposer plus naïf que nature un écrivain auquel Uenan veut bien accorder ailleurs quelque savoir-faire, puisqu'il le traite « d'artiste divin qui, indépendamment des renseignements qu'il a puisés aux sources plus an-

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