Digest., lib. L, lit. XV. De Censibus, § ii
2. Recensement de Galère Maxime... « iEslimabanlur setates singulorum;parvulisadjiciebantur anni, senibus detrahebantur. » De 7nort, p €7^8 eCyChàp, xxiii.
elle. Et si Strauss s'étonne qu'en de si délicates circonstances Joseph n'ait su épargner à sa fiancée un pénible voyage, nous avons le droit, nous que la myopie rationaliste n'empêche pas d'apercevoir de meilleures raisons , d'admirer que la Vierge n'ait pas voulu se séparer du compagnon que la Providence ne lui avait donné que comme le voile protecteur du mystère, le pur et fidèle initié en l'absence duquel l'accomplissement du plan de Dieu se fût brisé au scandale des hommes et aux rigueurs de la loi.
Cette première difficulté levée, il en reste une autre, non moins grosse de conséquences.
« Jésus n'était pas de la famille de David. »
Et Renan renvoie pour les preuves de cette négation, qui d'un coup de rame fait sombrer le vaisseau chargé des prophéties messianiques, aux pages 237 et 238 de son volume.
Courons donc vite aux renseignements.
« Le titre de « Fils de David » fut le premier qu'il accepta, probablement sans tremper dans les fraudes innocentes par lesquelles on chercha à le lui assurer. La famille de David était, à ce qu'il semble, éteinte depuis longtemps ; lesAsmonéens,
d'origine sacerdotale, ne pouvaient chercher à s'attribuer une telle descendance, ni Hérode, ni les Romains ne songent un moment qu'il existe autour d'eux un représentant quelconque des droits de Tan tique dynastie. Mais depuis la fin des Asmonéens, le rêve d'un descendant inconnu des anciens rois, qui vengerait la nation de ses ennemis, travaillait toutes les têtes. La croyance universelle était que le Messie serait fils de David et naîtrait comme lui à Bethléem. Le sentiment premier de Jésus n'était pas précisément cela. Le souvenir de David, qui préoccupait la masse des Juifs, n'avait rien de commun avec son règne céleste. Il se croyait Fils de Dieu, et non pas fils de David. Son royaume et la délivrance qu'il méditait étaient d'un tout autre ordre. Mais l'opinion ici lui fit une sorte de violence. La conséquence immédiate de cette proposition : « Jésus est le Messie », était cette autre proposition : « Jésus est fils de David. » Il se laissa donner un titre sans lequel il ne pouvait espérer aucun succès. Il finit, ce semble, par y prendre plaisir, car il faisait de la meilleure grâce les miracles qu'on lui demandait en rinterpellant ainsi ^ »
1. L'auteur cite quelques renvois parmi lesquels deux seulement ont une valeur. U omet le passage évangélique de la guérison de la Aile Cananéenne. Jésus veut susciter la foi de cette païenne et la donner en exemple aux Juifs qui Tentouraient. Mais quelle
Dans tout cela, je vois bien des affirmations et des négations, mais Fombre d'une preuve, je ne la discerne point.
Pourtant, voici une petite note qui va probablement faire la lumière. Il n'est pas nécessaire d'ouvrir toutes grandes les fenêtres pour y voir clair : un soupirail suffit. M. Renan s'entend à créer des soupiraux.
« Il est vrai que certains docteurs, tels que Hillel, Gamaliel, sont donnés comme étant de la race de David. Mais ce sont là des allégations très douteuses i. »
Voilà qui est lestement jugé.
D'une part on confesse « que la croyance universelle était que le Messie serait fils de David et naîtrait comme lui à Bethléem », ce qui indique une tradition populaire bien nette ; d'autre part certains personnages se réclament du sang de David, ce qui incite à croire, en un pays où la ligne généalogique était si scrupuleusement préservée, que d'^aucuns étaient persuadés que la famille de David existait toujours. Or, la conclusion inattendue de ces prémisses est celle-ci : « La fabonne grâce il affecte de mettre dans cette triple réponse : Il garda le silence! — Je ne suis envoyé que pour sauver les brebis perdues de la bergerie d'Israël. — Il ne convient pas de prendre le pain des enfants de la famille et de le jeter aux chiens! — (Matt., XV, 21. — Marc, vu, 24).