Jean, viii
« Si donc David l'appelle Seigneur, comment est-il son fils?
« Et depuis ce jour, personne n'osa plus lui poser des questions. »
D'où Ton peut conclure, il me semble, que Jésus s'attribuait, en qualité de fils de David, une noblesse d'un ordre supérieur à celle de son père, mais non pas prétendre, comme Renan le fait... « Il se croyait fils de Dieu, et non pas fils de David. » Là où notre critique a raison, c'est lorsqu'il dit : « Le souvenir de David, qui préoccupait la masse des Juifs, n'avait rien de commun avec son règne céleste... son royaume et la délivrance qu'il méditait, étaient d'un tout autre ordre ^. »
Ouvrons l'Évangile, et voyons comment, en effet, procédait le Maître pour élever l'âme pesante de ses auditeurs jusqu'à une conception plus spiritualisée de son origine et de sa mission.
« Un jour, dit saint Luc, il se rendit à Nazareth, où il avait été élevé, et, selon sa coutume, il entra dans la Synagogue le jour de sabbat. Il se leva pour faire la lecture, et on lui remit k livre du prophète Isaïe. L'ayant déroulé, il trouva l'endroit où il était écrit : « L'esprit du Seigneur