Vie de Jésus, p
leste, au milieu des vertes collines et des claires fontaines, parmi les troupes d'enfants et de femmes qui, Tâme joyeuse et le cantique des anges dans le cœur, attendaient le salut d'Israël *. »
Toutefois, il ne suffît pas encore, semble-t-il, de « ce pays charmant où fleurit Foranger », pays des idylles, des noces et du bon vin dont on buvait beaucoup, pour former la mentalité toute spéciale de Jésus.
Ce n'est pas tout à fait sous ces couleurs que nous le représentent les Evangélistes ; aussi malgré la confiance qu'il présume en ses lecteurs, Renan va ajouter quelques petits traits, délicatement choisis, qui vont achever le tableau.
« Jésus, à quelques égards, est un anarchiste, car il n'a aucune idée du gouvernement civil. Ce gouvernement lui semble purement et simplement un abus. 11 en parle en termes vagues et à la façon d'une personne du peuple qui n'a aucune idée de politique.
« Tout magistrat lui parait un ennemi naturel des hommes de Dieu; il annonce à ses disciples des démêlés avec la police, sans songer un moment qu'il y ait là matière à rougir. Mais jamais la tentative de se substituer aux puissants et aux riches ne se montre chez lui. Il veut anéantir