Jean, xiv, 6 ; viii
essentielle, de réquation qui unit Jésus et Dieu.
Écoutons donc les aveux du critique sur les prétentions surhumaines du « naïf villageois de Nazareth » . Nous comprendrons ensuite la logique subjective de ses conclusions.
« La première pensée de Jésus, pensée tellement profonde chez lui qu'elle n'eut probablement pas d'origine ^, et tenait aux racines mêmes de son être, fut qu'il était le fils de Dieu, l'intime de son Père, l'exécuteur de ses volontés...
« La persuasion qu'il ferait régner Dieu s'empara de son esprit d'une manière absolue. Il s'envisagea comme l'universel réformateur. Le ciel, la terre, la nature tout entière, la folie, la maladie et la mort ne sont que des instruments pour lui. Dans son accès de volonté héroïque, il se croit tout-puissant. Si la terre ne se prête pas à cette transformation suprême, la terre sera broyée, purifiée par la flamme et le souffle de Dieu. Un ciel nouveau sera créé, et le monde entier sera peuplé d'anges de Dieu.
i< Une révolution radicale, embrassant jusqu'à la nature elle-même, telle fut donc la pensée fondamentale de Jésus 2. »
1. Tout effet a une cause; Renan ne peut admettre un fait sans •origines. Mais l'origine humaine lui échappant, il entend nier l'origine divine par cette étonnante proposition.