Jean, viii
tous s'esquivèrent, dit l'Évangile, à commencer par les plus vieux.
De ce doigt qui écrit, M. Renan conclut à cette affirmation : « Jésus apprit à lire et à écrire. » Nous ne saurions accepter une aussi large conséquence issue d'une aussi étroite prémisse.
D'autant plus que, par une coïncidence délicieuse, saint Jean, qui rapporte le fait auquel le critique croit sans hésiter, rapporte également une explication à laquelle le même critique ne croit plus du tout. Admirable exemple d'un prudent éclectisme.
« Vers le milieu de la fête, Jésus monta au Temple. Et il enseignait. Les Juifs s'étonnaient, disant : Comment connalt-il les Écritures, lui qui n'a point étudié? Jésus répondit : «Ma doctrine n'est pas de moi, mais de Celui qui m'a envoyée »
Nous croyons donc, malgré M. Renan, que Jésus n'alla à l'école d'aucun homme. Ni le « hazzan » des écoles élémentaires, ni le « rabbi » des écoles supérieures, ne furent appelés à l'honneur contradictoire d'instruire Celui que la Bible salue « témoin de la Vérité » parmi les peuples, « chef et précepteur de toutes les nations^ » , et qui caractérise ainsi lui-même sa mission devant le tribunal officiel de son pays : « Je ne suis né, et