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Chez l'animal sain, où la maladie spontanée ne paraît
pas démontrée, BLanc, CamiNoPETROS, MÉLANIDI ont rencontré chez le chien, le rat gris, le lapin, le cheval, un virus salivaire filtrable kératitogène et non encéphalitogène, non immunisant contre l’herpès et l’'encéphalite, se perdant par passage de cornée à cornée, virus en somme paraissant trés voisin du virus salivaire simple de LEvaDITI.
Chez le lapin atteint d’encéphalite herpétique, REMLINGER et BaILLy ont trouvé le virus dans la salive.
Chez l'animal convalescent, après une kèratite par
exemple, le virus peut encore persister dans la salive
pendant 5 à 8 semaines.
Le sang lui aussi a une virulence contestée.
Chez l'homme sain, VERRATI et SALA ont trouvé dans le sang un virus encéphalitogène pour le lapin, mais sans fournir aucune preuve anatomo-pathologique à l'appui de leur assertion.
Chez le malade, Basraï et Busacca auraient décelé le virus dans le sèrum sanguin. Chez le convalescent, ces auteurs, même longtemps après la poussée herpétique, auraient rencontré un sang virulent dans 14 cas sur 21 sujets examinés. Ils auraient obtenu une maladie du lapin transmissible, avec kératite marquée par une légère congestion conjonctivale suivie d’un trouble diffus de la cornée et d'apparition de petites vésicules nettes, avec immunité locale et dans la moitié des cas avec encéphalite, Ces résultats ne sont pas admis par Levapiri et son école dont nous retrouverons tout à l'heure les critiques à propos du liquide céphalo-rachidien. P. Tzissier et ses collaborateurs viennent de publier des documents infirmant eux aussi cette opinion, après avoir échoué dans 8 essais à reproduire des expériences de Basraï et Busacca et cela
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bien qu'ils aient employé la méthode de ces auteurs et opéré chez des herpétiques encore en évolution.
Chez l'animal infecté, la présence du virus dans le sang a été constatée en 1921 par Doerr et SCHNABEL ; elle a été retrouvée plus tard par VERRATI et SALA après inoculation sous-duremérienne. Elle paraît rare toutefois et RemLinGeret BaiLLy opérant dans des conditions trés diverses (sang total, sang défibriné, hématies seules, sérum seul, sang prélevé sur l'animal après la mort) n’ont mis en évidence le virus que 4 fois sur 36 essais. |
En somme il semble sage de conclure avec ces derniers expérimentateurs que le sang ne renferme Île virus qu’à titre exceptionnel.
Le liquide céphalo-rachidien, de son côté, a donné lieu à de nombreuses controverses au sujet de son pouvoir infectieux. ;
Chez les sujets non herpétiques, la démonstration la plus curieuse est celle de FLExNER et AMoss. Ces auteurs examinant le liquide céphalo-rachidien de 100 malades, dont une vingtaine d’encéphalitiques, ont trouvé le virus herpétique chez un homme qui présentait des signes de neurosyphilis et non d'herpès. Le virus envisagé était bien celui de l'herpés car les auteurs ont pu non seulement provoquer chez le lapin par des voies. d’inoculation multiples la kératite et l'encéphalite transmissibles, mais aussi de véritables vésicules par scarification cutanée. Il y aurait donc des porteurs de germes herpétiques latents dans le liquide céphalo-rachidien, porteurs intermittents du reste puisque des échantillons du même liquide, prélevés dans la suite par les mêmes auteurs, n'ont pu reproduire les mêmes résultats. Des faits beaucoup plus discutables viennent étayer cette thèse. JAHNEL et ILLerT décélent trois fois le virus herpétique dans
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le liquide céphalo-rachidien, en dehors de l’herpés : dans un cas d'urémie, dans un cas de maladie de Wizson et dans un cas de démence sénile. Toutefois ils obtiennent, et cela par voie sous-cutanée, une infection chronique transmissible en série qui selon Levapiri est à rapprocher de l’encéphalite spontanée du lapin plutôt que de l’herpés vrai.
Chez le malade, Ravaur et RaBEAu dans un cas d'herpès névralgique avec réaction ceyto-albumineuse du liquide céphalo-rachidien observent, en inoculant le culot de centrifugation à la cornée d’un lapin, une encéphalite mortelle à manifestations nerveuses. Mais ici encore Levanrri fait remarquer qu’il s'agit d’une encéphalite non transmissible en série, sans kératite, sans lésions comparables à celle de l'herpès expérimental, et qu'enfin la culture du cerveau a révélé la présence d'un germe visible. VERRATI et SALa en partant du liquide céphalo-rachidien de pneumoniques
herpétiques qu’ils inoculent par voie sous-duremé- |:
rienne à des lapins, obtiennent bien l'encéphalite à manifestations cliniques, mais ils ne fournissent ni la vérification du pouvoir kératitogène de leur souche ni le contrôle anatomique de la maladie.
Chez les prédisposés et les convalescents Basraï et Busacca dans une série d’expériences parallèles à celles que nous avons mentionnées pour le sang et chez les mêmes sujets, ont trouvé longtemps après guérison des lésions, le virus présent dans le liquide céphalo-rachidien soit dans 18 cas sur 21 sujets examinés, et en particulier dans les 14 cas ou la virulence du sang avait été déjà démontrée. Le virus obtenu donne l’encéphalite mortelle par voie intradurale, la kératite par voie cornéenne, est transmissible en série
et reproduirait chez l'homme la vésicule cutanée ou . la kératite herpétique. De tels résultats paraissent
difficilement critiquables sur le terrain théorique. Ils
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- ne sont malheureusement pas confirmés par les autres
auteurs. Doerr et ScHNABEL DoErr et ZDANSKY, LEVADITI etses collaborateurs, NicoLau et PoincLoux n'ont pu vérifier la virulence latente du liquide céphalo-rachidien. Chez de nombreux malades, même encéphalitiques et herpétiques P. Teissier, GAsTINEL et REILLY en 1926 viennent de publier 14 essais avec 14 échecs. On a toutefois vérifié expérimentalement à propos de l'emploi de virus-vaccin herpético- -encéphalitique la possibilité pour le virus herpético-encéphalitique de subsister jusqu'à 11 jours dans le liquide céphalorachidien.
En somme si l'on admet que le liquide céphalorachidien puisse accidentellement renfermer le germe de l'herpès, ce qui ne paraît pas démontré d’une façon indubitable, il ne semble pas en tous cas que ce soit avec la fréquence admise par les auteurs italiens, mais au contraire, comme pour le sang, dans des cas très exceptionnels.
Chez l'animal FLexNer et Amoss ont d’ailleurs noté la rareté de la virulence du liquide céphalo-rachidien quand on a infecté l'animal par voie extracranienne, sa fréquence après l’inoculation intracranienne qui évidemment réalise un processus de contamination un peu éloigné des modes d'infection naturelle.
Dans les urines de l'animal FLExNER et Amoss décèlent souvent le virus après inoculation à distance alors que ni REMLINGER et BAILLy, ni TEissier et ses collaborateurs ne peuvent l'y trouver; ces derniers n'arrivent pas à le mettre en évidence même dans les urines d'animaux ayant présenté des lésions du rein aprés inoculation sürrénale.
La bile ne renfermerait pas le germe de l'herpès (Banc et CAMINOPETROS, REMLINGER et BILLY).
Nous en arrivons à présent à la recherche du virus dans les organes.
Le système nerveux tout d'abord, en dehors des nerfs étudiés par ailleurs a été l'objet de recherches au niveau du cerveau, de la moelle et des ganglions rachidiens.
Le cerveau de l’homme ne paraît avoir été examiné que dans l’autopsie de Levapiri au cours de laquelle celui-ci a pu isoler une de ses souches encéphalitiques. I nous semble impossible de ne pas faire des réserves sur les résultats obtenus par cet expérimentateur, la malade observée ayant présenté au cours de son encéphalite épidémique une éruption d'herpès. Si l'on ne considère que le germe de l’encéphalite on constate la possibilité de sa présence dans le cerveau jusque 4 ans après le début de la maladie (Sicarp, PArar et LAPLANE).
Chez le lapin infecté, le cerveau régulièrement virulent après inoculation intracranienne (BLaxc et CAMINOPETROS, GOODPASTURE et TEAGUE) l’est encore souvent après inoculation à distance, au niveau de la cornée (BLanc et CamiNoPeTRos) des organes génitaux (Levapiri et Nicorau) parfois de la peau. Le virus peut s'y conserver une cinquantaine de jours pour disparaître ensuite (Le FÈvRE pe ArRic). Toutes les parties de l'encéphale indistinctement pourraient être viru-
lentes qu'il s'agisse des hémisphères, du cervelet, de
la protubérance ou du bulbe.
La moelle est infectante après inoculation intracérébrale (GrürEer 1924) ou après 24 heures d’inoculation in situ (GOoDPASTURE et TEAGUE) et cela au niveau de tous ses segments lombaire, dorsal ou cervical (CREMLINGER et BaiLLY).
Le ganglion ciliaire chez l'homme atteint d’herpès cornéen pourrait transmettre la maladie,
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Le ganglion rachidien chez le cobaye a été trouvé virulent après infection de son territoire cutané. Chez le lapin le germe se trouve aussi dans le ganglion de Gasser pendant la kératite expérimentale.
En somme le névraxe dans toutes ses parties se montre très régulièrement virulent.
L'œil, même au-delà de la cornée, peut renfermer le virus dont GooDPASTURE et TEAGUE ont révélé la présence sur la rétine après 24 heures d'inoculation in situ.
La surrénale n'a pas été examinée après inoculation du virus à distance mais sa virulence, dans de telles conditions, apparaît comme possible puisque
l'on sait que le neurovaccin injecté dans le sang se
localise souvent secondairement dans cette glande. Après dépôt local de virus dans la surrénale GooDPASTURE et TEAGUE ont constaté au bout de 24 heures la conservation du germe et la présence de granulations de Lipscaürz dans la corticale. À la même époque Teissier et ses collaborateurs remarquaient à la suite d'infections pratiquées dans des conditions semblables la mort de l'animal sans signe d’encéphalite mais avec virus présent à la fois dans la glande et dans le névraxe. Chez l'animal réfractaire, au contraire, chez le chien par exemple ou encore chez le lapin immunisé, le virus disparaît de la glande et au bout de huit jours celle-ci ne peut plus donner un matériel d’inoculation capable de reproduire la kératite au lapin.
Les glandes sexuelles après inoculation locale ont permis à GoopPASTURE et TEAGUE d'y trouver le virus après 24 heures. TEISSIER, GASTINEL et REILLY ont vérifié que l’inoculation testiculaire produit bien une névraxite herpétique et ont mis en évidence la persistance du virus dans la glande après la mort de l'animal.
Au contraire après inoculations extra-testiculaires
la glande ne renferme pas le virus et il ne semble pas
qu'il se réalise une localisation spontanée et élective du germe de l’herpès sur le testicule. \
Le rein, jusqu’à présent, n’a pas fourni la preuve de sa virulence. TEissier et ses collaborateurs après inoculation surrénale ont bien produit des lésions du rein imais sans arriver à transmettre la kératite avec un, fragment d'organe. Par contre GoobPASTURE et TeaGue ont décelé le virus 2% heures après l'avoir déposé dans le parenchyme rénal.
Les glandes salivaires sont retrouvées virulentes après inoculation sous-duremérienne chez le lapin (VERRATI et SALA), non virulentes après 24 heures d'inoculation in situ par GoopPASTURE et TEAGUE qui n'y rencontrent même pas de granulations de LirscHüTz.
Le pancréas pour REMLINGER et BAILLY ne renfermerait pas le virus.
Le foie prélevé chez un lapin inoculé à distance a pu reproduire l’'encéphalite et la kératite hérpétique éntre les mains de Zymaxowsky et de N. ZYLBERLAST- ZaAxD (1923) tandis que GoopPASTURE et TEAGUE retrouvaient le virus qu'ils avaient déposé dans cet organe le jour précédent.
La rate serait virulente chez l'animal infecté par les voies habituelles alors que E. GoopPASTURE et O. TeAGuE, le lendemain de l'injection in situ y mettent en évidence le virus et non les granulations de LipscHUTZ. À
Enfin les matières fécales soit chez l’homme sain, soit chez des sujets herpétiques pourraient après filtration, d'après Verrari et SA produire l’encéphalite du lapin, sans que ces auteurs donnent une preuve anatomique de leur affirmation. En réalité selon Levaprri, il pourrait bien s'être agi dans ces expérien-
ces tout comme dans celles avancées par KziNG pour l’'encéphalite, de la maladie épizootique du lapin obsefvée accidentellement.
Tel est l'ensemble de la documentation sur le siège du virus. Comme on le voit elle est riche et complexe, mais souvent contradictoire et sujette à révision. La valeur des recherches que nous avons
exposées dépend en effet beaucoup de la rigueur des
techniques employées. Et nous avons vu. combien délicat était le diagnostic de la maladie expérimentale, quand les expériences ne comportaient pas le retour de la maladie à l'homme, ce qui reste malheureusement rare : kératite et encéphalite, lésions à localisation spécifique et à type histologique défini, absence de germes visibles et de culture, réceptivité spéciale de certaines voies d'inoculation et de certaines espèces animales, sont le minimum de critères expérimentaux à exiger. Or il s'en faut de beaucoup que les protocoles d'expériences, surtout ceux qui ne sont pas très récents, les comportent tous. D'autre part on ne doit pas oublier que la maladie de l'animal est une image renforcée, et peut-être infidèle, de la maladie de l'homme et qu’il convient d'établir strictement la distinction nécessaire entre les recherches effectuées sur l’homme et celles qu’on a pratiquées sur l’animal ; celles qui ont trait à la localisation spontanée du virus sur un parenchyme et celles qui envisagent le dépôt direct du virus dans un organe ; recherches qui en définitive sont loin de posséder une valeur équivalente. |
En tenant compte de ces remarques il nous semble que Goovpasrure et TEAGuE ont été beaucoup trop loin en concluant de leurs expériences d'inoculation in situ à l'absence d'une affinité spéciale du virus de l’herpès
pour l’ectoderme et nous considérons comme beau-
coup plus proches des faits P, TeissiEr, GASriINEL et