‹ La Contribution de la Méthode expérimentale à l'étude de l'HérpèsChapitre 18 sur 61 · APT · texte numérisé non relu

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dans lestissus et organes d’un lapin, puis au bout de 24 heures éprouvent des fragments de ces derniers à la cornée de l’animal: dans de telles conditions la peau et la région cutanéo-muqueuse des lèvres se sont montrées virulentes.

Le tissu sous-cutané ne semble jamais virulent. En particulier chez l'animal, après inoculation in situ, GoopPpAsTURE et TEAGUE n’y ont pas retrouvé le virus au bout de 24 heures, non plus d’ailleurs que les granulations de Lirscaürz parfois présentes là où le virus ne peut être décelé.

Les muqueuses à étudier sont la conjonctive, la * muqueuse du nez, celle de la bouche et celle de la

trachée.

La muqueuse oculaire, la conjonctive, chez l'homme malade s’est montrée virulente au moins dans l’herpès cornéen et dans la kératite dendritique (GrürEr 1913). L’herpès du lapin inoculé à la cornée de l’homme pourrait d’ailleurs, d’après cet auteur, reproduire la kératite dendritique. Pour GrürEr, la kératite catarrhale ponctuée, la kératite parenchymateuse profonde ou en disque renfermeraient elles aussi un virus atténuë. Là se bornent les constatations sur l’homme. Chez l'animal le virus herpétique a été trouvé sur la cornée après inoculation à distance comme après inoculation in situ. BLanc et Caminoperros l'ont en effet mis en évidence sur la conjonctive après inoculation intracérébrale accompagnée de scarification simple de la cornée. GrürEer, en 1913, l'a observé après inoculation locale tandis que GoobPasrTurE et TEAGUE, selon la technique indiquée, vérifiaient sa présence au niveau de la muqueuse de l'œil 24 heures après dépôt du germe in situ. ;

La muqueuse nasale qui a donné lieu à tant d'expériences relatives à la poliomyélite et à l'encéphalite,

ne paraît pas avoir beaucoup séduit les expérimentateurs pour l'herpès. Il est vrai qu'il est assez difficile d'étudier la muqueuse en dehors de son produit de sécrétion que nous allons retrouver tout à l'heure. Il semblerait pourtant intéressant, tout au moins au point de vue doctrinal, de faire quelques essais et d'opérer avec des filtrats de muqueuse nasale lavée au préalable. |

La muqueuse buccale peut présenter des vésicules d'herpés renfermant un virus qui a provoqué constamment en cinq ou six jours une encéphalite mortelle (Miz1aN). Chez l'animal inoculé in situ GooDPasTURE et TEAGUE retrouvent le virus après 24 heures.

La muqueuse trachéale, peu accessible et peu étudiée, a montré aux auteurs précédents, la présence du virus après 24 heures d'inoculation in situ.

Parmi les séreuses, le péritoine a été considéré longtemps comme inhospitalier au virus. GOODPASTURE et TEAGUE ont cependant retrouvé le germe à ce niveau chez l'animal sans y apercevoir d’ailleurs de granulations de Lipscaürz. Tout récemment, REMLINGER et BAILLY, comme nous l'avons vu, ont produit l’encéphalite par inoculation intrapéritonéale, mais même dans ces cas où le cerveau se montre virulent, on ne trouve dans la cavité abdominale qu'un liquide séreux, clair, sans virulence.

Le muscle conserve le virus au moins 24 heures ainsi qu'il ressort des expériences d’inoculation in situ de GOoDPASTURE et TEAGUE.

Les nerfs et notamment les nerfs craniens (GRüÜTER) sont virulents et l’on y retrouve après 24 heures d’inoculation in situ virus et granulations de Lipscaürz. RemLinGEer et Baizzy découvrent le virus au niveau du sciatique 5 fois sur fl essais, au niveau du médian, 1 fois sur 7. Le système nerveux périphérique paraît

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ainsi moins régulièrement virulent que l’axe cérébrospinal.

La moelle des os, étudiée par CARONIA dans la rougeole, maladie elle aussi probablement virulente ne paraît avoir été examinée dans l'herpès que par REMLINGER et BaiLLy qui n’y ont pas trouvé le virus.

En somme, nous retiendrons de l'étude des tissus la présence constante du virus dans les lésions vésiculeuses et la virulence plus ou moins fréquente et discutable de la peau, des muqueuses et des nerfs.

L'étude de la virulence des humeurs n’est pas moins intéressante et elle donne encore lieu, à l'heure actuelle, à des discussions nombreuses.

La sécrétion conjonctivale, chez l'animal inoculé, contient le virus dans les cas de kératite et de conjonctivite et parfois en dehors de ceux-ci. Il en est de même chez l'homme atteint d'herpès cornéen. Le pus conjonctival a fourni le matériel d’inoculation dans de nombreuses expériences. s

La sécrétion naso-pharyngée de l'individu sain ne renfermerait jamais le virus (Doerr et ScHNaBEeL). Celle de l’homme malade ne paraît pas avoir été étudiée.

Chez l'animal malade après inoculation à distance, le mucus nasal contient au contraire le germe de l'herpès (FONTANA).

La salive paraît souvent contaminée par le virus, sans que les conditions de sa virulence soient d’ailleurs parfaitement élucidées.

Les sujets sains n'ayant jamais eu l'herpès récidivant, n'ont jamais non plus, pour Dorrr et SCHNABEL, une salive virulente. Pour Levaprri, HARVIER et NiICOLAU, au contraire, parmi les sujets d'apparence saine, 15 °/, ont une salive contenant un virus à la fois kératitogène et encéphalitogène donc très voisin du virus herpéti-

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que. En outre 80 °/, ont une salive contenant un « virus salivaire simples qu’on ne retrouve pas au surplus par cathétérisme du canal de Sténon. Ce virus produit à la cornée du lapin une kératite vésico pustuleuse sans phénomènes généraux, sans encéphalite, ainsi qu'une immunité strictement spécifique, sans valeur contre l’herpès et l’encéphalite ; cela alors que ces deux dernières maladies immunisent l’animal contre l’action du virus salivaire. Ainsi Levapiriet son école sont arrivés à la conception d’un seul virus à activité variable qui au degré encéphalitique immuniserait non seulement contre l’encéphalite, mais encore contre l'herpès et le virus simple, au degré herpétique contre l'herpés et le virus simple seulement, enfin au degré salivaire entraînerait une immunité exclusivement homologue.

Chez l'homme malade aucune discussion : Dorrr et SCHNABEL, MaRIaAnNt, trouvent constamment le virus dans la salive au début de l’herpès labial, Nicoau et Porxcroux, MariANi d’une façon moins constante, les uns dans l'herpès récidivant du doigt, l’autre dans l’herpès génital.

Chez les convalescents, même incertitude que chez les sujets sains : Levapiri y découvre de nombreux porteurs de germes plus ou moins atténuéës, NicoLau et PoincLoux dans un cas d’herpès récidivant du doigt décèlent dans la salive un virus atténué kératitogène mais ne donnant que des lésions d’encéphalite subaiguë. Doerr et ScHNABEL, MARIANI, rencontrent seulement un certain nombre de convalescents porteurs de germes à la période des croûtes. FLEXNER et Amoss, en se plaçant dans des conditions très favorables, en pratiquant des inoculations cornéennes, voire même intracraniennes, et cela de suite après la poussée herpé-

tique, n'ont pu que très rarement mettre en évidence le

germe herpétique dans les sécrétions buccales,

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