CARACTÈRE DU VIRUS
Comme le germe de l'herpès n'est connu que par ses propriétés pathogènes, il est difficile de l'étudier en dehors de l'organisme. Aussi les caractères physiques et chimiques que nous lui décrirons tout d'abord et qui lui sont communs avec les autres virus dits filtrants sont-ils à peu près complètement négatifs. C'est seulement avec l'étude de ses propriétés biologiques et pathogènes que nous parviendrons à l’individualiser nettement.
Propriétés physiques S
Ce sont la visibilité, la filtrabilité, la centrifugabilité et la diffusibilité.
L'invisibilité du virus est actuellement admise. Lucer et Lanpa en 1921, à la suite des premiéres expériences de transmission ont recherché la pré-
sence d'un germe visible dans le liquide de la vésicule et dans les frottis conjonctivaux où Kovy avait décrit un bacille polymorphe à Gram positif. Jamais leurs examens microscopiques malgré des techniques diverses de coloration ne leur ont fait apercevoir autre chose que des pyogènes banaux, staphylocoques, streptocoques, cocci à Gram +.
La filtrabilité du germe a été mise en évidence en 1921 en même temps par BLaxc et par LuGER et LANDA. Ces auteurs ont montré que le filtrat de liquide de la vésicule donne une kératite à la cornée du lapin, faible mais conférant l'immunité locale, que le filtrat d'émulsion cérébro-spinale de lapin herpétique donne par = voie intraveineuse des phénoménes généraux graves amenant la mort de l'animal en 15 jours. LEvADITI et Nicozau en 1923 ont indiqué d'autre part que le virus de l’herpès, non seulement traverse les bougies BERKEFELD et CHAMBERLAND qui arrêtent la plupart des germes visibles, mais qu'il est en outre capable sous pression de traverser les sacs en collodion qui laissent également passer les germes de la rage, de l'encéphalite, la neurovaccine, le bactériophage, les cristalloïdes et retiennent au contraire un certain nombre de colloïdes, certaines toxines et certains ferments. On arriverait ainsi à la notion d’un virus de l'herpès de taille voisine de celle de agrégats de matière albuminoïde qui supportent les diastases et les toxines et d’un volume ün peu supérieur à celui de la neurovaccine qui traverse les filtres plus facilement que lui.
La centrifugabilité du virus de l'herpès n’a pas été recherchée bien que cette question ait été reprise par Levaprri pour l'encéphalite léthargique. Elle pourrait cependant nous donner sans doute des renseignements du même ordre que les précédents, en ce qui concerne la masse du virus, puisqu'elle n’est en somme qu'un cas particulier de l'étude de la sédimentation des
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virus, vieille notion remontant aux études de CHAUVEAU sur la vaccine (1867).
La diffusibilité enfin reste aussi à l'étude. REMLINGER
et Baizzy viennent de rappeler récemment que par
immersion d'un cerveau encéphalitique dans la glycérine il pouvait y avoir transmission du pouvoir pathogène à un cerveau sain plongé dans le même liquide alors que le passage du virus à des fragments de foie et de rein n’a jamais été observé. D'autre part MiLiAN a montré que du bouillon dans lequel on place un fragment de cerveau contaminé est susceptible de reproduire la kératite. On a expliqué l’action de la glycérine par son avidité pour l'eau qui provoquerait une exsudation des liquides contenus dansles cerveaux malades mais cette explication paraît insuffisante à rendre compte de l’action du bouillon aussi bien que de la contamination du fragment de cerveau sain.
Propriétés chimiques
Jusqu'à présent on n’a pu attribuer aucun caractère chimique aux virus et il ne semble pas que ceux-ci soit des agents de fermentation ou de transformation chimique ce qui les différencie des microbes et des protozoaires.
Propriétés biologiques
Elles comportent à côté du pouvoir pathogène proprement dit toute une série de caractères et de sensibilité ou de résistance assurant la conservation ou la destruction du germe d’une part et de l’autre sa multiplication. Il y aura lieu d'étudier séparément l'influence des facteurs physiques, chimiques et organiques, l'action de ces derniers nous amenant tout naturellement à envisager le problème de la culture du virus. |
Les facteurs physiques sont l’action de la température, de la dessication, de la dilution.
La chaleur détruirait le virus en 1h. à 50° (VEcxi 1922) ; ou lui ferait perdre son pouvoir kératitogène en lui gardant son pouvoir encéphalitogène (VEGnr 1924).
Le froid même à basse température serait sans action.
La dessication n'agit pas défavorablement sur le virus et LevapiTi conserve celui ci en poudre selon le procédé déjà vu, dans lequel l'air desséché à la température de l'étuve évite la putréfaction des moelles contaminées. Le virus sec donnerait un léger retard de l’incubation, mais une évolution normale de la maladie. Le FÈVRE DE ARRIC aurait ainsi conservé le virus en poudre jusqu’à 120 jours mais pas au-delà de 200 jours tandis que pour VEG@xi le virus serait détruit par dessication en 15 jours.
La dilution ayant déjà été étudiée à propos du matériel d’inoculation, nous ne reviendrons pas sur cette question. |
Les facteurs chimiques sont l'eau salée, la glycérine, les antiseptiques.
L'eau salée à la température de la chambre finit par atténuer le virus.
La glycérine, pour LE FÈVRE DE ARRIC, conserverait la virulence de la matière cérébrale pendant 2 ans, mais pas au-delà de 3 ans. FLExNER et Amoss: estiment . qu'après un long contact elle dissocie le pouvoir d’inoculation extracranienne qui disparaît, du pouvoir d'inoculation intracranienne qui subsiste, VEGNI qu’elle fait perdre au virus son pouvoir kératitogène en lui gardant ses propriétés encéphalitogènes.
Les antiseptiques, dont l'action a été bien étudiée par Levapiti: et HARVIER pour l'encéphalite, ne sem-
blent pas avoir été beaucoup essayés sur le virus de l’herpès. In vitro BLanc et CAMINOPETROS ont montré que le rouge neutre ne détruit pas le virus de l'herpès à l’encontre de l'influence qu'il exerce sur le virus vaccinal. In vivo quelques essais ont été faits avec des dérivés du bleu de méthylène et l'on a obtenu des résultats variables.
Les facteurs organiques enfin n’ont pas non plus fait l’objet de nombreuses recherches.
La bile d’après BLaxc, TsimiNaxis et CAMINOPETROS détruit rapidement le virus de l'herpès comme celui de la rage et celui de l'encéphalite.
Le bouillon au contraire conserverait bien le virus qui comme nous l'avons vu pourrait y diffuser. Pour CarINEyY le cerveau immergé resterait virulent 12 jours, le bouillon 6 jours seulement sans être d’ailleurs capable de multiplier le virus.
Les milieux de culture ont sur le germe de l'herpès une action qui n’est pas précisée puisque la possibilité de cette culture est elle-même contestée.
La plupart des expérimentateurs ont échoué dans leurs tentatives de culture. Lucer et LADA qui ont dirigé les recherches de Kovacs avouent leur insuccès. BRADFORD, BASHFORD; WILSON, LOEWE, STRAUSs, THALEIMER ont bien prétendu avoir cultivé en milieu Nocucui le germe de l'encéphalite et celui de l'herpès. Mais leurs expériences n'entraînent pas la conviction et Levapiri voit même dans le succès de leurs expériences un argument susceptible de démontrer qu’en réalité ils ont travaillé avec un germe différent de celui de l'herpès.
Au reste CARTNEY reprenant en 1924 leurs essais avec le même milieu et en employant du virus d'encéphalite et d’herpès fébrile, ne peut trouver au bout de deux jours ni germes visibles, ni pouvoir infectant. Le
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