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invisibles, incultivables, ne restent pas sur les filtres, ne donnent lieu à aucune réaction chimique. En outre, ces propriétés ne semblent ni devoir leur être conservées à tous, ni leur appartenir en propre.
Elles ne sont probablement pas définitives. On conçoit que l’invisibilité puisse céder à un perfectionnement de la technique et c’est ce qui vient de permettre de dissocier du groupe les agents de la grippe, de la fièvre jaune, des oreillons. On comprend que l'incultivabilité disparaisse devant les progrès de la
technique comme cela a été réalisé pour la Leptospira
ictéroïdes et comme cela le sera sans doute bientôt
grâce aux cultures en symbiose pour des infra-
microbes comme ceux de la vaccine (HARDE), de la rage (Levapiri), de l'herpès (Parker). Quant à la filtrabilité, il est bien difficile de la considérer comme le caractère fondamental du groupe puisqu'elle varie avec les expérimentateurs, avec la nature et le diamèétre des filtres, enfin avec la technique (température, pression, dilution, viscosité, acidité et alcalinité du milieu, durée de l’opération).
Bien plus, ces propriétés ne nous apparaissent plus comme l'apanage exclusif des virus. Il semble même que tous les microbes puissent passer par des stades d’invisibilité, d’incultivabilité et de filtrabilité.
En ce qui concerne les bactéries on savait depuis longtemps que l'agent de la péripneumonie des bovidés, quoique visible, traversait les filtres. D'HÉRELLE et Haupuroy, et à leur suite, toute une série d’expérimentateurs, viennent de montrer « in
vitro » que nombre de bactéries pouvaient passer
par des formes évolutives invisibles, incultivables et filtrables. En ensemençant le filtrat de cultures lysées par le bactériophage, filtrat dans lequel on ne décèle aucun germe visible, ils obtiennent après un temps
variable des granules à la limite de la visibilité qui
Le
peuvent soit ne pas cultiver, soit se multiplier en
masses granulaires, soit passer toute une série de transformations qui redonneront finalement la bactérie initialement employée. Celle-ci sera suivant les cas le bacille dysentérique, typhique, tuberculeux, le bacille de Preirrer, le coli, le staphylocoque. Des résultats comparables ont été obtenus «in vivo » par Mlle FELGyin; cet auteur injecte au cobaye le filtrat d’une culture de Proteus x19 Iysée par le bactériophage, produit ainsi le typhus expérimental et arrive à mettre en évidence dans le sang de l’animal infecté le Proteus x19 dont elle s'était servi au début de son expérience.
En ce qui concerne les spirochètes, la filtrabilité est actuellement bien connue pour les agents de la fièvre jaune, du sodoku, de la fièvre des tranchées, des oreillons. L'invisibilité a été notée par NicoLLe et BLuM dans le spirochète de la fièvre récurrente du porc, qui semblerait alterner entre le stade visible et la phase invisible. L'incultivabilité commence seulement à céder aux techniques nouvelles de cultures en symbiose. Enfin l'étude du cyele évolutif du spirochète des oreillons (KERMORGANT 1925), celle du spirochète de la fièvre jaune ont montré des formes granulaires à transformations successives très comparables à celles que nous venons de rencontrer, et on n’est même pas éloigné de croire à l'heure actuelle que ces formes .granulaires seraient celles sous lesquelles se cachent habituellement dans l'organisme les spirochètes de la syphilis, du Sodoku et des oreillons (KERMORGANT 1926).
Ainsi se dégage de plus en plus une notion de mutabilité des formes microbiennes dont nous n'avons peut-être pas mesuré exactement les limites puisque Mlle FELGJIn arrive à produire une souche de Proteus en partant de la Rickettsie du typhus et qu'avec ce même Proteus lysé par le bactériophage, elle obtient des coco-bacilles, des bâtonnets et des filaments contour-
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